Le président syrien, Ahmed al-Chareh, a annoncé dimanche la nomination d'Omar al-Halabi comme président du Fonds souverain de la Syrie, créé par les autorités de transition mais dont des experts critiquent l'opacité.
Ce Fonds, créé en juin 2025 pour superviser les projets de développement et gérer les avoirs de l'État, est au cœur des efforts syriens pour tenter d'attirer des investissements étrangers.
Il gère aussi les avoirs confisqués aux hommes d'affaires proches du pouvoir du président déchu Bachar al-Assad, chassé en décembre 2024 après 13 années de guerre civile.
Dans un décret officiel publié par les médias d'État, M. Chareh a nommé M. Halabi «conseiller aux affaires économiques de la présidence» et «président du conseil d'administration du Fonds souverain».
Selon l'agence officielle syrienne Sana, M. Halabi a «plus de 20 ans d'expérience professionnelle», dans le public et le privé, en matière «de politique économique, de renforcement des institutions et d'investissement public».
Il a entre autres dirigé le département de politique publique et économique pour le Moyen-Orient au sein du cabinet d'audit KPMG et travaillé pour le Fonds souverain saoudien, a ajouté Sana.
Aucun président n'avait été officiellement présenté à l'annonce de la création du Fonds. Mais plusieurs sources s'exprimant sous couvert d'anonymat ont déclaré à l'AFP avoir rencontré un dirigeant, identifié comme Abou Maryam al-Australi, un ancien jihadiste dont le nom signifie «l'Australien».
M. Australi, qui fait l'objet de sanctions de Canberra, était un proche de M. Chareh quand l'actuel président dirigeait dans le nord-ouest du pays un groupe jihadiste qui a fini par prendre la tête de l'offensive finale contre M. Assad.
Les nouvelles autorités syriennes, qui ont hérité d'une économie ruinée par des années de guerre et de sanctions internationales, misent en partie sur le Fonds souverain pour accélérer les efforts de reconstruction.
Mais des experts ont critiqué son opacité, l'économiste Karam Chaar le décrivant comme «une boîte noire».
La plupart des Syriens vivent dans la pauvreté et la Banque mondiale a estimé que la reconstruction du pays pourrait coûter plus de 216 milliards de dollars.
AFP