Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, âgé de 71 ans, a annoncé samedi qu'il ne chercherait pas à rester en place à l'issue de son mandat qui s'achève en 2030. «La période qui mène à 2030 constituera la fin de mon mandat de président, si je suis toujours en vie. L'affaire est parfaitement réglée et elle ne fera pas l'objet de discussion», a-t-il déclaré lors d'une cérémonie de remise de diplôme à l'Académie militaire. Le président a cependant précisé qu'il prévoyait aussi une révision constitutionnelle. La Constitution égyptienne, approuvée en 2014 après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, fixait une limite de deux mandats de quatre ans pour le président. Mais une révision en 2019 a allongé le mandat à six ans et ajouté des mesures permettant à M. Sissi de se représenter en 2023. Des figures de l'opposition et des détracteurs du président redoutent une nouvelle révision constitutionnelle qui lui permettrait de rester en place après 2030. Samedi, M. Sissi a assuré que les prochaines années devaient être consacrées à faire émerger une nouvelle génération de responsables, en particulier via l'Académie militaire qui forme des centaines d'aspirants aux postes à responsabilité au sein de l'État. Depuis la chute de la monarchie en 1952, l'Égypte a connu six présidents, dont cinq issus des rangs de l'armée. M. Sissi s'exprimait dans la «nouvelle capitale administrative», cité vitrine à 50 km à l'est du Caire, qui a constitué l'un des méga-projets de ses 12 années au pouvoir. Jugés essentiels pour la croissance à long terme de l'Égypte par les dirigeants, ces grands projets ont également contribué à l'augmentation spectaculaire de la dette extérieure du pays. Dans le même temps, les organisations de défense des droits humains n'ont cessé de critiquer les restrictions imposées à l'opposition politique, à la société civile et à la liberté d'expression, que le gouvernement rejette en assurant chercher uniquement à préserver la stabilité et la sécurité du pays. AFP