Une photojournaliste américaine a été blessée vendredi par des colons israéliens qui l’ont rouée de coups alors qu’elle couvrait des violences contre des agriculteurs palestiniens en Cisjordanie occupée.
Heidi Levine, une photojournaliste expérimentée travaillant pour le Washington Post, couvrait la récolte des olives près des villages de Turmus Ayya et de Khirbet Abu Falah lorsqu’elle a été attaquée.
«Soudain, j’ai vu plus de 50 hommes masqués...Ils tenaient des bâtons en bois...et je crois aussi (des barres) de fer. Et puis, d’un coup, ils m’ont attaquée», a-t-elle raconté à des journalistes, dont l’un de l’AFP, depuis le lit d’un hôpital à Ramallah où elle a été transportée. Sa main gauche était enroulée dans un épais bandage.
«J’avais une sacoche avec mon téléphone, et tout a fini par m’être arraché. Ensuite, ils ont essayé de me mettre debout, juste pour me refaire tomber et continuer à me donner des coups de pied», a-t-elle dit.
La journaliste, qui travaille au Moyen-Orient depuis des décennies et a couvert plusieurs guerres, a expliqué s’être identifiée comme journaliste mais aussi comme «mère» pour tenter de calmer les assaillants.
«Heureusement, j’avais mon casque et mon gilet pare-balles», a-t-elle poursuivi.
Le Washington Post a souligné qu’elle était clairement identifiée comme journaliste avec un gilet pare-balles portant la mention «Presse» devant et derrière.
L’AFP n’a pas assisté au moment de l’attaque, mais un de ses journalistes à Turmus Ayya a vu des secouristes palestiniens s’affairer autour d’une personne au sol, tandis que des soldats israéliens repoussaient les médias.
Dans un communiqué, l’armée a dit être intervenue avertie d’«un affrontement violent», confirmant qu’une «journaliste a été blessée pendant l’incident».
L’ambassade des États-Unis en Israël a dit être au courant des informations de presse sur cette attaque. «Nous n’avons pas de responsabilité plus importante que celle de protéger les citoyens américains», a assuré un porte-parole, sans d’autres commentaires.
L’agression contre Heidi Levine intervient alors que les attaques de colons se multiplient à l’occasion de la récolte des olives en Cisjordanie, occupée depuis 1967.
Début octobre, des colons avaient roué de coups un photographe de l’AFP effectuant un reportage sur la récolte.
Plus largement, les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza en 2023, avec des attaques quasi quotidiennes de colons juifs contre des Palestiniens.
Plusieurs journalistes palestiniens et étrangers y ont aussi été attaqués. En juillet, une équipe de la chaîne américaine CNN avait été agressée par des colons près de Ramallah.
AFP