Le dollar baisse vendredi, sans indication claire sur la conduite de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) malgré des chiffres de l’inflation en hausse publiés cette semaine.

Les prix à la production (PPI) ainsi que les prix à la consommation (CPI) ont fortement augmenté aux États-Unis en septembre, ce qui avait dans un premier temps accru les anticipations de hausse de taux de la Fed et fait monter le dollar.

Mais le marché a revu à la baisse ses anticipations après «les commentaires plus prudents de certains membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC)», affirme Thu Lan Nguyen de Commerzbank.

«Le président de la Fed de New York, John Williams, (...) a, comme beaucoup de ses collègues, plaidé en faveur d’une nouvelle hausse de taux» mais «il n’a guère laissé transparaître un sentiment d’urgence», souligne l’analyste.

Par ailleurs, l’absence de commentaires sur la politique monétaire de la Fed par son patron Kevin Warsh «a été interprétée par les acteurs de marché comme une validation des prévisions actuelles, qui n’impliquent qu’une faible probabilité de hausse des taux en octobre», ajoute Derek Halpenny, analyste de MUFG.

Les marchés s’attendent très majoritairement à ce que le prochain resserrement de la politique monétaire de la Fed ait lieu en décembre, selon l’outil de veille CME Fed Watch.

Vers 08H55 GMT (10H55 à Paris), le billet vert cédait 0,31% à la monnaie unique européenne, à 1,1255 dollar pour un euro, et 0,46% à la devise britannique, à 1,3336 dollar pour une livre.

La livre «continue de faire preuve de résilience» sur le marché des changes, note M. Halpenny. La devise britannique «est restée globalement stable face au dollar américain depuis la fin juin», précise-t-il, contrairement à l’euro qui s’est enfoncé.

Le produit intérieur brut (PIB) du mois d’août était meilleur que prévu et depuis le début de l’année l’économie britannique résiste mieux qu’attendu au choc énergétique.

«La résilience de l’économie donne à la Banque d’Angleterre la marge nécessaire pour relever les taux», estime Mme Nguyen.

AFP