L’Australie va fournir aux Fidji des drones militaires marins à énergie solaire capables de rester en mer pendant des mois pour patrouiller leurs eaux et lutter contre le trafic de drogue et autres activités illégales, dans le cadre d’un accord annoncé vendredi.

L’objectif pour les Fidji est de lutter contre l’essor du trafic de drogues, notamment de méthamphétamines, dont l’usage par injections intraveineuses a fait exploser les cas de contaminations au virus du sida sur l’archipel.

L’Australie va fournir ces petits bateaux sans équipage ainsi que des formations, dans le cadre d’un engagement de 600 millions de dollars australiens (370 millions d’euros) pris en septembre envers les pays insulaires du Pacifique pour lutter contre la criminalité organisée en mer, ont indiqué des responsables.

Ils seront équipés de sonars pour détecter des navires et des sous-marins, a précisé le ministre australien de l’Industrie de la Défense, Pat Conroy.

«Pour le bien de chaque pays de la région, y compris le nôtre, nous devons travailler ensemble pour éradiquer le trafic illicite de drogue», a-t-il souligné à Sydney.

Ces petits bateaux, appelés drones Blue Bottle, doivent leur nom à une petite méduse au venin douloureux qui s’échoue sur les plages australiennes.

Ils sont propulsés par un mât solaire et le vent pour surveiller discrètement la vaste côte nord australienne.

L’entreprise australienne Ocius, qui les exploite depuis une base militaire à Darwin, dans le nord de l’Australie, a inauguré vendredi une usine sur la côte est à Sydney dont les cadences sont en augmentation.

L’objectif de l’Australie est de constituer une flotte de 50 de ces drones, capables d’être transportés par avion ou bateau et déployés «partout où nous souhaitons mener des opérations dans l’océan Indien ou l’océan Pacifique», a indiqué le responsable de la marine australienne Matt Buckley.

Les drones destinés aux Fidji seront déployés l’année prochaine, ont indiqué des responsables.

Les pays insulaires du Pacifique peu peuplés peinent à faire des patrouilles sur des millions de kilomètres d’océan pour lutter contre les flottes de pêche illégales venues d’Asie et le passage de «narco-sous-marins» déployés depuis l’Amérique du Sud.

Le renforcement de la lutte contre le narcotrafic en mer s’inscrit aussi dans un contexte d’efforts grandissants de la Chine pour asseoir son influence dans le Pacifique, où elle ambitionne de contrebalancer la domination traditionnelle des États-Unis et de leur allié australien.

AFP