Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé jeudi avoir parlé en 2025 avec le président syrien Ahmed al-Chareh, pour, selon lui, faire cesser des violences contre les druzes, reconnaissant pour la première fois un contact direct.
Benjamin Netanyahou n'a pas dit précisément quand l'appel avait eu lieu, mais il a laissé entendre qu'il s'était déroulé en juillet 2025 lors des violences entre druzes et Bédouins dans le sud de la Syrie.
«J'ai appelé (Ahmed) al-Chareh. C'était une conversation très courte, très franche, et le massacre a cessé», a affirmé le Premier ministre lors d'un meeting électoral avec la communauté druze d'Israël, selon la chaîne de télévision israélienne KAN.
C'est la première fois que le Premier ministre, en campagne pour sa réélection, reconnaît avoir parlé avec le dirigeant syrien, qui a chassé en décembre 2024 le président de longue date Bachar al-Assad.
La province à majorité druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, avait été le théâtre en juillet 2025 d'une semaine d'affrontements sanglants entre druzes et Bédouins sunnites, que les autorités étaient venues renforcer.
Plus de 2.000 personnes ont été tuées, dont 789 civils druzes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un comité mis en place par le gouvernement syrien a recensé 1.760 morts.
À l'époque, les forces gouvernementales et leurs alliés avaient été accusés d'exécutions de civils et d'autres exactions.
Israël, où vivent plus de 150.000 druzes, était intervenu en 2025 en bombardant les forces gouvernementales au nom de la défense de cette communauté.
Les troupes gouvernementales syriennes s'étaient ensuite retirées de la ville de Soueida et d'une partie de la province du même nom, laissant en place un cessez-le-feu fragile. Damas a depuis indiqué avoir commencé à juger des suspects de ces violences.
Depuis la chute de Bachar al-Assad, un allié de l'Iran et du groupe libanais pro-iranien Hezbollah, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie et envoyé des troupes dans une zone tampon, placée sous contrôle de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan depuis 1974.
Elle a également mené à plusieurs reprises des incursions plus profondément en territoire syrien, capturant parfois des résidents, et juré de maintenir des troupes dans le sud du pays, où elle demande la mise en place d'une zone démilitarisée.
AFP