Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé jeudi que le «mouvement lycéen» en France se transformait en «mouvement de violences urbaines», soulignant qu'il «redoutait» des violences lors des manifestations samedi contre la vie chère, tout en admettant un «moment de fatigue» dans le pays.
Au regard «des informations qui nous sont remontées dans la matinée (de jeudi), ça ne ressemble plus à un mouvement lycéen. On a un mouvement de violences urbaines, dont l'intensité (...) a encore augmenté ces derniers jours», a affirmé le Premier ministre lors d'un point de presse.
Il a dénoncé «un appel à la violence qui est absolument épouvantable» dans certains endroits et évoqué des «tirs de mortier (d'artifice, ndlr) dans des lycées» ou «des intrusions».
M. Lecornu a jugé que c'était «faire injure d'ailleurs aux lycéens» qui ont voulu témoigner de leurs «angoisses» et «mécontentement», ou «demander des choses au gouvernement ou aux conseils régionaux».
Le mouvement de blocage des lycéens lancé en septembre réclame davantage de moyens pour l'éducation.
Il a par ailleurs répondu par l'affirmative aux craintes de violences lors de la journée de manifestations prévue samedi contre la vie chère, à l'appel de plusieurs organisations dont des gilets jaunes, issus du mouvement social d'ampleur en France en 2018 et 2019.
«Est-ce qu'on redoute de la violence? Oui. Vous voyez bien que nous n'arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays» sans que «des mouvements violents de l'ultra-gauche notamment, parfois de l'ultra-droite, en l'espèce ces derniers jours de l'ultra-gauche, qui s'insèrent (...) dans les cortèges», a-t-il dit.
Le chef du gouvernement a assuré ressentir «profondément» qu'«il y a un moment de fatigue dans le pays», parce que la France «est dans une forme de permacrises, des guerres, des incertitudes sur le pouvoir d'achat, l'inflation».
Et «certains mouvements politiques veulent récupérer cette fatigue pour le transformer en carburant électoral», a-t-il pointé dans une allusion à La France insoumise (gauche radicale), que l'exécutif accuse «d'instrumentaliser» le mouvement des lycéens.
Mais «après, il y aura une grande mobilisation aussi. C'est le 18 avril», a-t-il conclu en citant la date du premier tour de l'élection présidentielle.
AFP