Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme que les frappes sur les raffineries russes vont reprendre, après plusieurs jours de pause liée à l'annonce surprise d'une trêve énergétique par le président américain Donald Trump, dans un entretien au Financial Times publié jeudi.
Ni Moscou ni Kiev n'ont confirmé avoir négocié cette trêve supposée. L'armée russe a frappé des centrales électriques en Ukraine ces derniers jours. La Russie a accusé mercredi l'Ukraine d'avoir attaqué deux raffineries russes, ce que Kiev a démenti.
«L'interdiction (de frapper les raffineries) est levée. C'est fini», a dit le président ukrainien au FT.
Il a assuré qu'il n'accepterait d'arrêter ces frappes que si les États-Unis fournissent à l'Ukraine des missiles intercepteurs Patriot, alors que Kiev fait face à un manque de moyens antiaériens face aux attaques russes.
Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises les frappes ukrainiennes sur les raffineries et dépôts pétroliers russes, estimant qu'elles aggravent la pénurie mondiale de carburant et participent à l'envolée des prix.
L'Ukraine dit frapper les infrastructures pétrolières russes pour tenter d'assécher la manne financière permettant à Moscou de poursuivre son invasion à grande échelle de l'Ukraine, lancée en 2022 et devenue le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
La semaine dernière, le président américain a conclu un accord pour la fourniture de quantités massives de diesel sur les marchés par la Russie, levant ainsi des sanctions à l'encontre du pays, qui est l'un des plus grands exportateurs mondiaux d'hydrocarbures.
Cet accord a été vivement critiqué par M. Zelensky, aggravant les tensions avec M. Trump, qui a estimé qu'«il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président».
Dans ce contexte de tensions, l'Ukraine s'est inquiétée mercredi d'un ralentissement dans la connexion au réseau satellitaire de l'entreprise SpaceX d'Elon Musk, utilisé par son armée.
Elle a aussi indiqué ne pas avoir été alertée à l'avance d'attaques russes en préparation lors de deux nuits consécutives.
Selon Kiev, Washington a averti des responsables ukrainiens que si l'Ukraine n'arrêtait pas ses frappes sur les raffineries, ils «bloqueraient le partage de renseignement».
AFP