Des centaines de membres du parti de l'ancien Premier ministre pakistanais emprisonné, Imran Khan, ont été placés en détention après l'instauration de l'état d'urgence dans une province du nord du pays, ont déclaré lundi des responsables de la police à l'AFP.

Deux responsables de la police, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont indiqué que 278 membres du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) de M. Khan avaient été arrêtés par les autorités dans différentes régions de la province du Khyber Pakhtunkhwa.

L'État fédéral pakistanais a annoncé, dimanche, qu'il suspendait les autorités locales et prenait le contrôle de cette province, dirigée par le PTI, à la suite de manifestations antigouvernementales et de violences.

Ces mesures, invoquées sur la base de deux articles de la Constitution pakistanaise relatifs à la sécurité, confèrent au gouvernement fédéral de vastes pouvoirs administratifs sur le Khyber Pakhtunkhwa.

Des milliers de partisans du PTI y ont entamé, il y a une semaine, des manifestations pour exiger la libération de l'ancien Premier ministre et exprimer leur mécontentement à l'égard du gouvernement en raison de conditions économiques difficiles.

Le responsable du PTI, Junaid Akbar, a indiqué sur X que le chef du gouvernement du Khyber Pakhtunkhwa, Sohail Afridi, avait été arrêté dimanche en même temps que le président du parti dans la province.

Ancienne gloire du cricket, Imran Khan, 73 ans, est emprisonné depuis août 2023 sur fond d’accusations allant de la corruption à la trahison en passant par l'incitation à la violence, à la suite d'émeutes antigouvernementales en mai 2023. Il rejette ces allégations et estime être ciblé en raison de sa popularité.

Le mécontentement de ses partisans s'est intensifié ces derniers mois, notamment pour qu'il ait un meilleur accès à des soins médicaux et à sa famille.

AFP