Les lycéens français entament lundi une nouvelle semaine de leur mobilisation débutée mi-septembre avec en point d'orgue un «acte V» des manifestations mardi, qui sera déterminant pour un mouvement que le gouvernement espère en phase de décrue.
Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, marquée par des violences à six mois de l'élection présidentielle, ils réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation des bâtiments et la suppression de la sélection par la plateforme d'orientation Parcoursup.
Après avoir privilégié une réponse de maintien de l'ordre, et face à la multiplication de scènes de violence et d'affrontements qui ont notamment coûté la main à un lycéen, le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans toutefois convaincre les organisations lycéennes.
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a notamment promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés dans les lycées où la situation est la plus critique, espérant ainsi répondre à l'une des revendications du mouvement.
Dimanche soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a rendu public un décompte des contributions à la plateforme de concertation lancée par le gouvernement à l'adresse des lycéens. Il a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront «certaines propositions formulées» sur la plateforme.
Ces contributions seront également «analysées académie par académie, puis établissement par établissement», pour y apporter «des réponses adaptées», a-t-il promis.
Inquiétude des étudiants en médecine
Les réponses de l'exécutif ont, pour l'instant, semblé laisser sur leur faim les organisations lycéennes.
L'intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi, quelques jours avant le début des vacances scolaires.
L'Union syndicale lycéenne a maintenu sa revendication d'une suppression totale de la plateforme Parcoursup et d'un plan de dix milliards d'euros pour les lycées.
La poursuite des blocus inquiète en tout cas les plus de 10.000 étudiants en médecine qui commencent lundi les épreuves du très ardu concours de l'internat, déterminant pour le choix de leur spécialité.
Le concours étant national, toute perturbation dans un seul des centres d'examen répartis sur le territoire national peut entraîner une annulation de celui-ci dans tous les centres.
Un blocage de ces examens «n'aurait d'impact que sur les étudiants» et provoquerait «une grande détresse», a prévenu vendredi sur France Info Thibault Patey, président de l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine), qui, par ailleurs, «soutient» les «revendications des mobilisations étudiantes».
Jeudi, les rassemblements ont réuni des dizaines de milliers de personnes, notamment place de la Bastille à Paris, avec au total 71.500 manifestants recensés en France par le ministère de l'Intérieur. Mardi, près de 256.000 manifestants avaient été recensés.
Selon un sondage Ipsos-BVA publié dimanche, une majorité de Français (54%) soutient le mouvement de contestation des lycéens.
Mais toutes leurs revendications ne suscitent pas la même adhésion, les sondés soutenant davantage la limitation du nombre d'élèves par classe (82%) ou la rénovation des établissements (79%) que la réduction du nombre d'heures de cours (34%) ou la suppression de Parcoursup (48%).
Vendredi, le gouvernement notait une «nette décélération» dans les blocages et rassemblements lycéens. Selon le ministère de l'Éducation, «plus de 96% des lycées» étaient ouverts vendredi matin (141 établissements fermés sur 700), contre 157 la veille.
AFP