Au moins 109 migrants sont morts et plus de 116 sont portés disparus dans le naufrage au large de Djibouti d'une embarcation surchargée qui faisait route vers le Yémen, a indiqué l'ONU dimanche.
Des dizaines de milliers de migrants empruntent chaque année la «route de l'Est», voie maritime qui relie la Corne de l'Afrique au Yémen via Djibouti et le détroit de Bab el-Mandeb, bien qu'elle soit une des routes migratoires les plus dangereuses du monde.
Selon des survivants, le bateau plein à craquer a chaviré dans la nuit du 8 au 9 octobre près de Guhere, au nord de la ville djiboutienne d'Obock, indique un communiqué de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L'embarcation, surchargée, transportait 305 personnes, en majorité éthiopiennes, a précisé auprès de l'AFP le chef de mission de l'OIM à Djibouti, Alexandre Coissac.
«Des survivants m'ont dit que l'embarcation a commencé à chavirer vers l'arrière dès qu'ils sont montés dedans», a-t-il déploré.
En dépit de la reprise des combats début septembre au Yémen, entre rebelles pro-iraniens Houthis et forces pro-gouvernementales, l'OIM a recensé plus de 20.000 arrivées en provenance d'Éthiopie à Djibouti depuis le 10 septembre.
«Il y a toujours le même objectif d'atteindre les pays du Golfe», a indiqué M. Coissac, soulignant qu'un groupe de 150 personnes montées à bord de l'embarcation avaient déjà été refoulées du Yémen et retentaient malgré tout la traversée.
Un des naufrages les plus meurtriers
L'humanitaire a également raconté avoir parlé à un survivant originaire du Tigré, région du nord de l'Éthiopie où ont repris le mois dernier les combats entre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'armée fédérale.
«Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de cette route migratoire» qu'ils empruntent dans l'espoir de trouver de meilleures «opportunités économiques», a-t-il aussi déclaré.
Il s'agit d'un des naufrages les plus meurtriers de ces dernières années au large de Djibouti, selon l'OIM. Parmi les 109 corps retrouvés figurent 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants, dont neuf filles et six garçons.
Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage, toutes de nationalité éthiopienne, selon l'OIM.
L'organisation apporte son aide à 64 rescapés dans son Centre d'aide aux migrants d'Obock, en leur fournissant notamment des soins de santé, un hébergement temporaire et une aide alimentaire, tandis que les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche.
En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou portés disparus sur la «route de l'Est», l'année «la plus meurtrière jamais enregistrée», selon l'OIM. Le nombre de personnes empruntant cet itinéraire a augmenté de 18% sur cette période, selon l'organisation onusienne.
Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, l'organisation a comptabilisé environ 178.000 arrivées en provenance d'Éthiopie.
L'OIM appelle à renforcer les financements pour les opérations de sauvetage et l'aide d'urgence à Djibouti, ainsi qu'à développer des voies de migration sûres.
AFP