Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que l’économie libanaise avait enregistré une croissance de 4,2% l’an dernier, estimant que cette évolution avait marqué le début d’un processus de reprise et constitué une opportunité pour la consolider. Selon lui, la guerre a toutefois interrompu cette dynamique et fait reculer l’économie, avec une contraction estimée à 6,4% cette année.
Dans un discours consacré à la situation économique, prononcé jeudi au Grand Sérail, Nawaf Salam a souligné que la crise régionale et la hausse des prix du pétrole, notamment du diesel et de l’essence, avaient eu des répercussions sur le coût de la vie au Liban, fortement dépendant des importations.
Le Premier ministre a dit comprendre les difficultés rencontrées par les citoyens, notamment la hausse des factures des générateurs privés, qui contraint certains à devoir choisir entre l’achat de carburant et les besoins de leur foyer.
Il a souligné que la responsabilité du gouvernement était de réduire les charges pesant sur les citoyens et de les protéger contre les pratiques abusives. Toute baisse des coûts d’importation et de transport doit, selon lui, se répercuter sur les prix des biens et des services.
Le gouvernement a par ailleurs demandé de renforcer les contrôles sur les générateurs, de veiller au respect des compteurs et des tarifs officiels, et d’établir des procès-verbaux à l’encontre des contrevenants avant leur transmission à la justice.
Salaires et aides sociales
Sur le plan social, Nawaf Salam a affirmé que les fonctionnaires, les militaires et les enseignants avaient le droit de vivre dignement. Il a rappelé l’adoption de six salaires supplémentaires, l’augmentation des allocations familiales, la modification de l’indemnité de transport et du salaire minimum.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre financier et de ne pas augmenter les dépenses sans assurer leur financement.
Le Premier ministre a indiqué que le projet de budget 2027 atteindrait près de 7 milliards de dollars, une grande partie de cette hausse étant consacrée à la correction des salaires, pour un coût supplémentaire d’environ 1,2 milliard de dollars.
Il a également indiqué que la contribution du budget au programme «Aman» serait portée à 70 millions de dollars. Avec le financement attendu de la Banque mondiale, cette enveloppe doit permettre d’augmenter le nombre de familles bénéficiaires d’environ 100.000 à 150.000.
Nawaf Salam a par ailleurs fait état d’une amélioration des recettes publiques et souligné qu’aucun nouvel impôt n’avait été instauré dans le projet de budget 2027. Certains droits et redevances ont toutefois été ajustés afin de tenir compte des taux de change actuels, tandis que des taxes ont été instaurées sur les yachts et les avions privés.
Santé et infrastructures
Dans le secteur de la santé, le Premier ministre a annoncé une augmentation d’environ 16% des crédits alloués au ministère de la Santé par rapport à l’année en cours, afin de renforcer la couverture des hospitalisations, des médicaments et des soins de santé.
Il a souligné que les services sociaux et de santé constituaient un droit pour tous les citoyens, indépendamment de toute considération confessionnelle ou régionale.
Nawaf Salam a enfin indiqué que les citoyens commençaient à constater les résultats du travail du ministère des Travaux publics et des Transports dans plusieurs régions, notamment à travers le revêtement et la réhabilitation des routes ainsi que la restauration des ponts.