Le président Joseph Aoun a affirmé jeudi que le Liban était engagé dans la mise en œuvre de l’accord-cadre et que l’armée libanaise «remplit pleinement son devoir» dans les zones où elle s’est déployée au sud du Litani. Il a également estimé que «les négociations sont une alternative à la guerre» et que l’accord constitue, selon lui, le seul moyen de mettre fin à l’état d’hostilité entre le Liban et Israël.

Lors de son entretien avec la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, à Baabda, Joseph Aoun a indiqué que le Liban souhaitait conclure un partenariat stratégique avec l’UE. Il a souligné le lien entre la stabilité du Liban, celle de l’Europe et celle de la région.

Le chef de l’État a par ailleurs réaffirmé l’engagement du Liban à poursuivre les réformes économiques et à adopter la loi sur le gap financier, étape qui permettrait, selon lui, d’ouvrir la voie à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).

Kaja Kallas a de son côté déclaré que l’Union européenne est prête à fournir l’aide nécessaire au Liban, notamment à l’armée, aux Forces de sécurité intérieure (FSI), ainsi qu’aux organismes concernés par les volets sociaux et humanitaires.

La responsable européenne a ajouté que le Liban avait pris plusieurs décisions importantes dont l’Union européenne attend désormais la mise en œuvre. Elle a également réaffirmé la disponibilité de l’UE à fournir une aide au Liban, notamment à l’armée, aux Forces de sécurité intérieure et aux organismes actifs dans les domaines social et humanitaire.

Kaja Kallas a ensuite rencontré le président de la Chambre, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. Les discussions ont porté sur la situation au Liban et dans la région, ainsi que sur les relations entre Beyrouth et l’Union européenne.

Nabih Berry a mis en garde contre l’arrivée à terme du mandat de la Finul sans qu’une solution de remplacement soit trouvée sous l’égide des Nations unies. Selon lui, une telle situation constituerait une remise en cause de la légitimité internationale et de ses résolutions, notamment la résolution 1701, et aurait également des conséquences négatives pour le rôle de l’Union européenne.

Le président de la Chambre a également évoqué les violations de l’accord de cessez-le-feu et les attaques contre les villages et localités du Sud, ainsi que le rôle que l’UE pourrait jouer dans différents domaines, notamment la reconstruction. Il a réaffirmé l’attachement du Liban au maintien de la Finul.

Berry a par ailleurs estimé que «le problème reste le même», à savoir, selon lui, le non-respect par Israël de ses obligations au titre des différents accords.

Après ses entretiens avec les deux présidents, Kaja Kallas a tenu une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi. Celui-ci a affirmé que le Liban travaillait à restaurer l’autorité de l’État et à le placer sur la voie de la stabilité.

Kaja Kallas a précisé que l’Union européenne ne souhaitait pas voir apparaître de vide sécuritaire au Liban-Sud. La poursuite de la présence des Nations unies dans la région fait actuellement l’objet de discussions, a-t-elle indiqué. Elle a également souligné que la sécurité du Liban était liée au processus de transition en Syrie et que la souveraineté libanaise et la sécurité régionale étaient dans l’intérêt de l’Europe.

La responsable européenne a également participé à une cérémonie au commandement de la brigade logistique, à Kfarchima, où l’armée libanaise a reçu un don de l’Union européenne comprenant des engins de génie, des véhicules de transport, des générateurs électriques et divers équipements. Selon l’armée, ce matériel vise à renforcer les capacités opérationnelles de ses unités et à répondre à leurs besoins logistiques.

Kaja Kallas doit encore s’entretenir jeudi avec le Premier ministre Nawaf Salam et se rendre au port de Beyrouth avec le ministre des Transports, Fayez Rassamny. Mercredi, elle avait rencontré la ministre des Affaires sociales, Haneen Sayed.