Le Premier ministre français Sébastien Lecornu, qui tente d'apaiser le mouvement lycéen au lendemain d'une mobilisation dans de nombreuses villes du pays, s'exprimera mercredi soir, ont indiqué ses services.

Dans son allocution, M. Lecornu évoquera «la situation dans les lycées, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays», ont-ils précisé.

Les lycéens, qui dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacés, appellent à poursuivre les blocages et à de nouveaux cortèges jeudi, malgré l'appel du gouvernement à retourner dans les établissements pour dialoguer.

Le chef du gouvernement avait déjà pris la parole mardi devant les députés, tenant un discours de fermeté face aux débordements en marge de la colère lycéenne, tout en ciblant le parti de la France insoumise (gauche radicale), qu'il accuse de «souffler sur les braises» et de «bordéliser» le pays à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027.

L'usage des grenades assourdissantes, mis en cause après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée, est temporairement suspendu «pour le mouvement lycéen», a de son côté annoncé mercredi le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez.

«Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire», a-t-il dit sur la radio RTL.

Le ministre a également annoncé que l'inspection générale de la police avait été saisie de 18 enquêtes à ce stade, alors que de nombreux manifestants, slogans et pancartes dénoncent le comportement des forces de l'ordre, accusées de «violences policières».

L'intervention du Premier ministre ne se limitera pas aux lycées et a pour toile de fond le début des débats budgétaires qui s'annoncent houleux.

Sur le front des carburants, dont les prix à la pompe restent très élevés en raison de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a déjà annoncé de nouvelles aides ciblées tandis que le G7 présidé par la France a convenu récemment le déblocage de stocks stratégiques de gazole pour tenter de diminuer la pression sur les prix.

Sur le terrain agricole, les syndicats sont unanimement remontés contre le projet de budget qui ne contient pas à leurs yeux le plan de relance promis face à l'été catastrophique sur le plan climatique pour l'agriculture, avec des canicules à répétition et la sécheresse.

AFP