Les Bourses d'Asie sont en recul mercredi et le pétrole grimpe, les tensions géopolitiques et les inquiétudes en découlant ayant balayé la brève respiration du début de semaine sur ces marchés.

Vers 04H50 GMT, le Nikkei à la Bourse de Tokyo perdait 0,80% à 70.118,81 points, et l'indice Kospi de Séoul 1,14% à 6.862,14 points. L'indice Hang Seng de Hong Kong reculait de 0,53% et le Taiex taïwannais s'émiettait de 0,03%. Seul Shanghaï gagnait 0,31%.

Les investisseurs des principales places asiatiques n'ont pas pris le relai de leurs homologues américains, qui se sont rués sur les valeurs technologiques et d'IA, portant Wall Street qui a clôturé en hausse mardi, avec des nouveaux records des indices Nasdaq (27.599,79 points) et S&P 500 (7.818,93 points).

Selon les données compilées par Bloomberg Intelligence, les analystes s’attendent à ce que les bénéfices du S&P 500 bondissent d'un quart en glissement annuel.

Les records enregistrés par les deux indices ont notamment été soutenus par de nouveaux gains de Nvidia, dont la capitalisation boursière s'approche du seuil des 6.000 milliards de dollars.

Mais sur les places asiatiques, la prudence face aux incertitudes géopolitiques a pris le dessus sur l'intérêt sucité de nouveau par les valeurs technologiques, qui avaient connu une déroute cet été.

«Pour l'instant, le marché reste très sensible à l'actualité et aux risques géopolitiques», note Chris Weston, de Pepperstone, en particulier ceux du Moyen-Orient.

Il y a certes eu des nouvelles encourageantes, comme le rebond du trafic de pétrole via le détroit d'Ormuz.

Les exportations d'or noir du Koweït, d'Irak et d'Arabie Saoudite se rapprochent des niveaux exportés avant le début de la guerre entre États-Unis et Iran, a encore relevé la société de suivi maritime Kpler en début de semaine.

Mais les attaques se poursuivent dans la région, temporisant l'effet de ces nouvelles.

Le Brent remonte de plus d'1%

«Les informations faisant état d'une augmentation des flux dans la région ont exercé une certaine pression à la baisse sur le brut, mais celle-ci a été compensée par des rapports contradictoires concernant l'ampleur des attaques contre les navires transitant par le détroit» d'Ormuz, abonde Chris Weston.

Après une baisse mardi, les cours du pétrole étaient ainsi en hausse mercredi vers 04H50 GMT. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 1,02% à 101,61 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate prenait 0,86% à 90,21 dollars.

Pétroliers et navires commerciaux sont régulièrement pris pour cible détroit d'Ormuz, par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre déclenchée en février par les États-Unis et Israël avec des frappes sur l'Iran.

Et l'Arabie saoudite a affirmé mercredi avoir intercepté des missiles tirés par les Houthis du Yémen qui poursuivent leurs frappes contre le royaume malgré la contre-offensive menée par les forces gouvernementales yéménites appuyées par Ryad.

Les combattants pro-iraniens ont mené une percée éclair début septembre, renforçant notamment leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui contrôle l'accès à la mer Rouge, où les navires relient l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

Ces difficultés se poursuivent alors que les principaux responsables du secteur pétrolier avertissent que les stocks mondiaux s'épuisent, amenuisant la capacité des gouvernements à résister aux impacts de la crise.

AFP