L'écrivain britannique Jeffrey Archer est décédé à l'âge de 86 ans, a annoncé lundi son éditeur HarperCollins.

L'auteur de best-sellers Jeffrey Archer est décédé lundi «subitement et paisiblement chez lui, entre deux séances d'écriture», a précisé HarperCollins.

Son éditrice, Kate Elton, l'a qualifié de «maître conteur et rêve de tout éditeur».

L'écrivain devait participer cette semaine au festival littéraire de Cheltenham pour discuter de «Adam and Eve», qu'il présentait comme son dernier roman.

Sa parution était prévue mardi. Le tabloïd The Sun a rapporté qu'il avait signé des livres pour des fans lors d'un événement à Londres dimanche.

Jeffrey Archer avait révélé en 2014 qu'on lui avait diagnostiqué un cancer de la prostate.

L'auteur a mené une vie aussi haute en couleur que les personnages de ses romans, qui se sont vendus à plus de 300 millions d'exemplaires, selon son site Internet.

Ambitieux, il n'a jamais pu tout à fait se défaire du parfum de scandale, malgré un talent certain pour rebondir après des revers humiliants.

La politique et le sexe étaient les ingrédients qui ont assuré son succès comme romancier.

Mais dans la vie, cette combinaison a entraîné la chute de celui qui espérait jadis devenir maire de Londres.

Il a été jugé pour parjure et subornation de témoins après qu'un ami eut admis lui avoir fourni un faux alibi lors d'un procès en diffamation intenté par le pair contre le tabloïd Daily Star en 1987.

Jeffrey Archer avait poursuivi le journal pour avoir affirmé qu'il avait couché avec une prostituée et avait obtenu 500.000 livres de dommages et intérêts.

Il avait réussi à gravir presque tous les échelons du Parti conservateur. Mais sa carrière parlementaire a pris fin brutalement en 1974 lorsqu'il a frôlé la faillite après l'effondrement d'une entreprise canadienne de nettoyage industriel dans laquelle il avait investi.

Avec sa résilience coutumière, il a toutefois utilisé ses expériences comme matière pour son premier livre «Not A Penny More, Not A Penny Less», publié en 1975, le premier d’une série de best-sellers situés dans les milieux de la haute finance et de la politique.

Éreintés par la critique, ces ouvrages lui ont néanmoins rapporté une fortune, et Jeffrey Archer a continué à nourrir l'espoir d’un retour en politique tout en mettant à profit ses relations et son pouvoir de persuasion pour récolter des millions de livres pour les Tories.

En 1985, ses efforts ont été récompensés par la Première ministre de l’époque, Margaret Thatcher, qui l'a nommé vice-président du Parti conservateur.

Mais un an après sa nomination, il a été contraint de démissionner en raison de ce qu'il a décrit comme un «manque de jugement» après avoir envoyé 2.000 livres à une prostituée, Monica Coghlan.

Il a toujours soutenu qu'il avait versé cette somme uniquement pour l'aider. En 1992, le successeur de Thatcher, John Major, a recommandé son élévation à la pairie, lui donnant le droit de siéger à la Chambre des lords, la chambre haute du Parlement.

En 1999, il a lancé une campagne pour devenir le candidat du Parti conservateur au poste de premier maire élu de Londres. Mais quelques mois plus tard, il est apparu qu'il avait demandé à un ami, Ted Francis, de lui fournir un faux alibi dans l'affaire contre le Daily Star. Cela l'a contraint à renoncer à sa candidature et il a été exclu du parti.

En 2001, il a comparu devant la justice et a été reconnu coupable de parjure et de subornation de témoins.

Il a été condamné à quatre ans de prison, mais a obtenu une libération conditionnelle en 2003.

AFP