L'Iran a condamné dimanche le recours à ce qu'il qualifie de «violence disproportionnée» contre le mouvement lycéen de protestation en France, sur fond de tensions entre les deux pays.
Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement s'est progressivement étendu à tout le territoire et s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France.
Une nouvelle journée de blocage des lycéens vendredi a été marquée par plus de 1.700 interpellations, et des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants.
«Une telle violence disproportionnée contre les manifestants est injustifiable», a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, interrogé sur le mouvement.
«La France se doit de respecter les droits et libertés fondamentaux de ses citoyens. Les informations faisant état de violences policières sont préoccupantes», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Téhéran à laquelle l'AFP a assisté.
Les déclarations de la diplomatie iranienne surviennent dans un contexte de relations tendues entre Paris et Téhéran.
Il y a deux semaines, l'Iran avait fermé sans préavis le Centre de langue française (CLF), un organisme lié à l'ambassade de France et ouvert depuis plus de 20 ans, l'accusant d'«activités illégales».
En juillet, les relations s'étaient déjà crispées après un incident impliquant deux diplomates français en poste à Téhéran.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait accusé l'Iran d'avoir «détenu» ces diplomates «sans raison pendant plusieurs heures» et d'en avoir «molesté» un.
L'Iran avait rejeté catégoriquement cette version des faits.
Les autorités iraniennes ont par la suite interdit à ces deux diplomates d'exercer en Iran, et la France a en retour expulsé deux diplomates iraniens.
La République islamique avait fait face l'hiver dernier à un vaste mouvement de contestation déclenché fin décembre par des manifestations contre la hausse du coût de la vie.
Des ONG ont dénoncé une répression ayant fait des milliers de morts, tandis que le pouvoir reconnaît plus de 3.000 morts lors du pic du mouvement, les 8 et 9 janvier, mais impute les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël.
AFP