Le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, a présenté vendredi les principaux chiffres de la politique pharmaceutique, faisant état d’une forte hausse de la couverture financière et des quantités de médicaments distribuées, ainsi que du nombre de bénéficiaires de traitements contre le cancer et les maladies incurables.

La couverture financière annuelle est passée de 24 millions de dollars en 2024 à 172 millions actuellement, soit une hausse de plus de 600%. Les quantités distribuées sont, elles, passées de 77.000 boîtes en 2024 à 216.000 en 2025, puis à 410.000 en 2026, selon les chiffres présentés par le ministre.

Plus de 28.000 patients traités

Le nombre annuel de bénéficiaires de médicaments contre le cancer et les maladies incurables est passé d’environ 19.630 en 2024 à plus de 28.000 actuellement, soit une hausse de plus de 43%. Le nombre de médicaments approuvés est également passé de 118 à 185, soit une progression de 57%.

Les génériques pour réduire les coûts

Au Liban, les médicaments de marque représentent environ 56% du marché contre 44% pour les génériques, mais concentrent près de 80% des dépenses pharmaceutiques. Le ministre a cité plusieurs appels d’offres ayant permis de réduire fortement les coûts, avec notamment un médicament passé de 2.300 à 1.593 dollars, puis un autre de 2.300 à 746 dollars grâce au recours à un générique ou à un biosimilaire.

Contrôle des médicaments anticancéreux

Le ministère indique avoir renforcé le contrôle et la pharmacovigilance, notamment à travers la mise à jour des règles d’enregistrement des médicaments, établies en 2009 sur la base des directives de 2022 de l’Organisation mondiale de la santé. Une plateforme numérique d’enregistrement doit également être mise en service prochainement.

Concernant les médicaments anticancéreux, le ministère a précisé que des produits avaient été temporairement gelés après des interrogations sur un site de production américain. Les vérifications ont ensuite établi que les médicaments concernés et importés au Liban étaient fabriqués dans des sites agréés en Arabie saoudite et en Jordanie.

Lutte contre les médicaments falsifiés

Le ministère affirme également avoir engagé des procédures judiciaires dans plusieurs affaires de médicaments introduits clandestinement ou falsifiés. Chaque boîte dispose d’un code permettant de vérifier son parcours officiel, tandis que des inspections sont menées avec les forces de sécurité et les douanes.