L'Égypte a déclaré persona non grata un diplomate éthiopien, lui donnant 48 heures pour quitter le pays, après l'expulsion d'un diplomate égyptien par Addis-Abeba, ont indiqué des médias égyptiens proches de l'État.

Les relations des deux pays sont tendues depuis des années autour du Gerd (Grand barrage de la Renaissance éthiopienne), un vaste projet hydroélectrique sur le Nil Bleu que l'Égypte considère comme menaçant sa part des eaux du fleuve.

L'Éthiopie a aussi accusé cette semaine l'Égypte, aux côtés du Soudan et de l'Érythrée, de soutenir un groupe rebelle, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui a lancé la semaine dernière une offensive majeure contre les forces gouvernementales, faisant craindre un retour à la dévastatrice guerre civile de 2020-2022.

Le Caire, qui a récemment renforcé ses liens avec l'Érythrée, n'a pas réagi officiellement à ces allégations, rejetées par le Soudan.

L'Éthiopie a déclaré jeudi persona non grata un diplomate égyptien, selon une note verbale qui n'invoque pas de motif, publiée par le média d'État éthiopien EBC.

Un responsable égyptien, cité jeudi soir par la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État, a qualifié cette mesure de «regrettable et injustifiée», assurant que Le Caire s'en tenait à une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays.

Il a accusé l'Éthiopie de faire porter la responsabilité de ses «crises internes successives» à des acteurs étrangers, et indiqué que l'expulsion du diplomate éthiopien avait été décidée «conformément au principe de réciprocité».

Jeudi, l'Éthiopie et l'Érythrée ont rompu leurs relations diplomatiques, s'accusant mutuellement d'alimenter les conflits internes.

Les deux voisins n'avaient rétabli qu'en 2018 ces relations, rompues durant une guerre à grande échelle les ayant opposés entre 1998 et 2000.

AFP