La hausse des frais universitaires pour les étudiants originaires de pays hors Union européenne menace de renforcer le décrochage de la France dans la recherche, a estimé vendredi Romain Huret, président de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), grande institution de recherche et d'enseignement supérieur.
«Je crains qu'on appauvrisse nos laboratoires, que ça n'arrive pas à résoudre non plus le problème financier des universités et que cette mesure ne fasse que renforcer le décrochage français à l'international», dit-il à l'AFP.
Des étudiants sont mobilisés dans les universités françaises ces derniers jours pour protester, entre autres, contre cette augmentation des droits d'inscription, inscrite dans une loi appelée «Bienvenue en France».
L'EHESS compte une moitié d'étrangers parmi ses étudiants de master et ses doctorants, européens ou non européens.
Pour l'année 2026-2027, «le mécanisme permet d'exonérer tous nos étudiants étrangers pour cette rentrée», assure M. Huret.
«L'an prochain nous verrons comment appliquer la loi», dit-il.
«Envisager les laboratoires sans cet apport massif d'étudiants étrangers, c'est une perte considérable (...) je pense que ça peut mettre la France vraiment en difficulté», ajoute M. Huret.
AFP