Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé jeudi à l'unité dans le soutien à l'Ukraine face à la Russie, au sein de l'Otan, de l'Europe et en Allemagne, où le parti d'extrême droite AfD, jugé proche de Moscou, poursuit sa progression.
«La sécurité de l'Europe...se joue en Ukraine», a déclaré M. Merz, lors d'une cérémonie de remise du Prix de la paix de Westphalie, décerné à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan).
«Si nous échouons à arrêter Moscou, la machine de guerre russe se tournera tôt ou tard contre nous, contre l'Otan elle-même», a-t-il ajouté.
Le chef de gouvernement allemand a reconnu que le fait de distinguer une alliance militaire «en a surpris plus d'un».
Mais il a estimé que l'alliance transatlantique avait empêché un conflit militaire avec la Russie et qu'à ce titre elle «sert la cause de la paix», aujourd'hui menacée par le «révisionnisme expansionniste et violent de la Russie».
Selon lui, «l'unité et la force restent les conditions préalables à des négociations fructueuses avec Moscou. Et cela ne peut que nous encourager à garder les États-Unis d'Amérique à nos côtés dans notre politique à l'égard de l'Ukraine».
M. Merz a également appelé à un front uni en Allemagne, où l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a enregistré de fortes progressions lors de récentes élections régionales et arrive en tête des intentions de vote au niveau national.
«Nous aussi, en Allemagne, nous ne nous laisserons pas diviser», a-t-il déclaré. «Ni par les attaques hybrides, ni par l'agitation sur les réseaux sociaux alimentée par des bots contrôlés par Moscou, ni... par les slogans de l'AfD et de ses soutiens russes.»
L'AfD réclame l'arrêt de l'aide militaire et financière de Berlin à l'Ukraine, la levée des sanctions contre la Russie ainsi que la reprise du dialogue avec Moscou.
Le chancelier a souligné vouloir «le moment venu, entretenir des relations stables et prévisibles avec la Russie».
Mais, alors que la guerre en Ukraine approche de l'entrée dans son cinquième hiver, il a estimé que les alliés occidentaux devaient continuer à soutenir militairement Kiev.
M. Merz a averti que si la guerre devait s'achever par une paix «dictée» par la Russie «cela entraînerait une menace de migration massive vers l'Ouest ... et l'Europe deviendrait un continent en insécurité».
AFP