Six journalistes de la plateforme d'investigation Matsadaash ont été arrêtés, ont annoncé mercredi les responsables de ce média égyptien, avant qu'une ONG locale de défense des droits humains ne confirme l'information.
«Dans une nouvelle escalade des mesures de sécurité visant les journalistes de Matsadaash, les journalistes Mohamed Mahmoud et Omar Hilal ont été arrêtés, ce qui porte à six le nombre total de journalistes de Matsadaash détenus», a indiqué la plateforme sur sa page Facebook.
Depuis lundi, quatre autres membres de l'équipe avaient déjà été arrêtés.
«L'ensemble de l'équipe éditoriale de la plateforme est maintenant détenue», a ajouté le média en précisant n'avoir pas reçu pour l'heure d'information officielle sur le lieu de détention et les faits reprochés.
L'Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR) a confirmé les arrestations et condamné «la répression» qui la vise.
Selon l'EIPR, quatre des journalistes ont été arrêtés à leur domicile dans les gouvernorats du Caire, de Gharbia et de Port-Saïd, dans le nord du pays, tandis que deux autres ont été interpellés dans une rue de la capitale.
Spécialisée depuis 2018 dans la vérification de l'information et le fact-checking, Matsadaash remet souvent en question des déclarations faites par les autorités et les organismes gouvernementaux.
Parmi ses publications récentes figure une vérification des propos du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, sur le nombre de réfugiés présents dans le pays.
Selon l'EIPR, le nombre total de journalistes détenus en Égypte en lien avec leur profession s'élève désormais à 26.
Le Caire est fréquemment critiqué pour des violations des droits humains et des atteintes à la liberté d'expression.
Des organisations de défense des droits humains accusent les autorités de détenir un grand nombre de dissidents et de prisonniers d'opinion, ce que les autorités démentent, affirmant au contraire que ces personnes sont détenues pour des motifs relevant du droit pénal.
Une avocate avait fait état en juillet de l'arrestation de dizaines de personnes, soupçonnées d'avoir rejoint un groupe d'opposition lié au mouvement «Gen Z» sur la plateforme en ligne Discord.
AFP