Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a mis en garde contre de possibles attaques avant les élections législatives du 27 octobre, le dirigeant d'opposition Yair Lapid l'accusant de chercher à «semer la peur» avant un scrutin serré.

«Nous avons des indices selon lesquels, avant les élections, nos ennemis tenteront de nous attaquer», a déclaré le Premier ministre dans une vidéo tournée sur une base aérienne et diffusée mardi par son cabinet.

«Je vous adresse un message: ne vous en prenez pas à nous, ni maintenant ni jamais. Nous pouvons vous frapper partout, à tout moment», a-t-il averti.

Le chef d'opposition Yair Lapid a toutefois jugé que cette alarme sur de possibles attaques visait à «faire paniquer la population» avant le scrutin.

«M. Netanyahou a ignoré tous les avertissements avant le 7-Octobre et aujourd'hui, à 28 jours des élections, il se met soudain à semer la peur», a-t-il estimé à l'issue d'une réunion tard dans la nuit avec M. Netanyahou.

«Il n'y a aucune raison de semer la panique parmi la population», a estimé l'ancien Premier ministre centriste (2022), qui avait requis ce «point de situation sécuritaire urgent» avec le dirigeant.

M. Lapid avait dit sur X vouloir «comprendre si les menaces sont réelles, et, si oui, comment le Premier ministre se prépare cette fois-ci afin de garantir que les élections se déroulent sans incident».

«Les menaces sécuritaires doivent être gérées de manière professionnelle et responsable», a-t-il souligné après la réunion, jugeant que les bases militaires israéliennes «ne sont pas un décor pour des vidéos électorales».

Les Israéliens se rendront aux urnes le 27 octobre, pour des élections législatives s'annonçant difficiles pour M. Netanyahou, revenu au pouvoir en 2022.

Le cabinet de M. Netanyahou a indiqué que lors de la réunion, les alertes concernant différents scénarios d'attaques préélectorales avaient été «présentées en détail» à M. Lapid.

L'opposition met régulièrement en cause la responsabilité de M. Netanyahou dans le fiasco sécuritaire du 7 octobre 2023, jour le plus meurtrier de l'histoire d'Israël lorsque le Hamas gazaoui a attaqué le sud du pays.

Ces dernières semaines, le Premier ministre et son ministre de la défense Israël Katz ont averti à plusieurs reprises l'Iran, son allié le Hezbollah libanais, ainsi que l'Autorité palestinienne qu'une attaque sur le pays engendrerait des représailles.

M. Katz a également menacé mardi de s'en prendre aux dirigeants du Hamas résidant en dehors de la bande de Gaza, après que l'armée a annoncé avoir tué dans la nuit de lundi à mardi un des commandants du mouvement dans le nord du territoire.

«Les dirigeants du Hamas à l'étranger sont également dans notre ligne de mire. Aucun de ces meurtriers méprisables, qui ont joué un rôle central dans le massacre du 7 octobre, ne devrait mourir paisiblement dans son lit», a-t-il déclaré dans un message vidéo.

«Ils ont été épargnés une fois à cause d'un contretemps. Mais la prochaine fois viendra, et eux aussi seront envoyés dans les profondeurs de l'enfer», a-t-il assuré, faisant vraisemblablement référence à une frappe aérienne israélienne contre un rassemblement de hauts dirigeants du Hamas au Qatar, en septembre 2025.

Cette attaque avait tué un officier de sécurité qatari et cinq membres du Hamas, mais aucun haut dirigeant du mouvement.  

AFP