Les cours du pétrole hésitent mardi, car si les négociations entre les États-Unis et l'Iran apparaissent dans l'impasse, davantage de barils en provenance du Moyen-Orient semblent atteindre le marché.
Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 0,08% à 105,36 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, grappillait 0,05% à 92,65 dollars.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu'il s'attendait à recevoir mardi une réponse officielle des États-Unis aux conditions posées par Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, ont rapporté des médias d'État.
Des discussions indirectes se sont tenues sous la médiation du Qatar, mais «des responsables iraniens ont exprimé en privé leur pessimisme quant à la conclusion d'un accord», rapporte Bloomberg.
L'Iran exige un cessez-le-feu de sept jours dans tout le Moyen-Orient, y compris au Liban, où son allié, le Hezbollah, affronte les forces israéliennes.
Il réclame également le dégel des avoirs détenus à l'étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi que la fin du blocus naval américain contre ses ports.
Donald Trump, répondant à des informations publiées par le média Axios, a affirmé lundi n'avoir proposé à l'Iran ni levée de sanctions ni dégel de fonds.
Cependant, «il y a plus d'acteurs prêts à essayer de sortir du détroit d'Ormuz et à réussir», a affirmé lundi le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, devant des investisseurs.
Selon lui, environ cinq millions de barils par jour sortaient par le détroit entre mars et juillet et désormais «on est plutôt autour de 10», même si «c'est fluctuant», a précisé le patron du géant pétrogazier français.
Par ailleurs, en Arabie saoudite, «les flux acheminés par l'oléoduc vers la mer Rouge ont atteint au moins 3,5 millions de barils par jour», souligne Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
L'oléoduc Est-Ouest, une infrastructure essentielle pour contourner le détroit d'Ormuz, avait récemment été mis à l'arrêt après des attaques de drones. Sa remise en route permet de continuer à exporter du pétrole depuis Yanbu, sur la mer Rouge.
Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont également augmenté le volume d'or noir exporté depuis leur port de Fujairah.
Sur les produits raffinés, le marché attend toujours une décision du président américain sur une interdiction totale ou partielle des exportations de diesel depuis les États-Unis, à laquelle il s'est déclaré favorable la semaine dernière.
AFP