Les prix des produits alimentaires au Liban augmentent généralement de 3 à 5%, avec un maximum d'environ 10% pour certains produits. Cette hausse est due aux coûts d'exploitation des entreprises et des fournisseurs, tout en restant inférieure à celle enregistrée dans de nombreux autres postes de dépenses des ménages.
C’est ce qu’a indiqué dans un communiqué, publié mardi, le président du Syndicat des importateurs de produits alimentaires, Hani Bohsali. Certains articles peuvent enregistrer des hausses allant jusqu'à 30%, mais celles-ci ne concernent qu'un ou deux produits, a-t-il précisé. Il a cité l'exemple de la viande, dont les prix ont nettement augmenté sous l'effet de la hausse des cours mondiaux, tandis que la volaille n'a pas connu la même évolution. Les écarts s'expliquent par les coûts de transport, de fret et d'énergie, ainsi que par la nature de chaque produit, notamment son besoin de réfrigération.
M. Bohsali s'est appuyé sur l'indice des prix à la consommation publié par l'Administration centrale de la statistique, selon lequel les prix alimentaires ont progressé en moyenne de 1 à 2% par rapport au mois précédent, après deux mois de baisse. Il a également souligné l'écart entre les hausses réelles et leur perception par les consommateurs, rappelant qu'une augmentation de 5% porte un produit de 10 dollars à 10,5 dollars.
Un pouvoir d'achat sous pression
Le président du syndicat a estimé que la sécurité alimentaire dépendait à la fois de la disponibilité des denrées et de la capacité des citoyens à y accéder. Selon lui, cette capacité est mise sous pression par la conjoncture économique et la hausse du coût de plusieurs besoins essentiels, dont le transport, l'énergie, la scolarité et les soins.
Concernant les développements autour des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, M. Bohsali a appelé à distinguer les perturbations d'approvisionnement de leur effet sur les prix alimentaires. L'impact du détroit d'Ormuz passe essentiellement par le pétrole et donc par les prix de l'énergie, qui se répercutent ensuite sur ceux des marchandises, a-t-il expliqué.
Appel à alléger la fiscalité sur l'énergie
M. Bohsali a indiqué que les pressions actuelles pesaient aussi sur les entreprises importatrices et industrielles, dont la capacité à soutenir les consommateurs dépend de leur situation financière face à la hausse des coûts d'exploitation.
Il a appelé l'État à alléger la charge pesant sur les citoyens, en renonçant à toute nouvelle taxe et en réduisant, même temporairement, les taxes et redevances sur l'énergie.