Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu'il s'attendait à recevoir mardi une réponse officielle des États-Unis aux conditions posées par Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, ont rapporté des médias d'État.
Des discussions indirectes sur la guerre au Moyen-Orient se sont tenues depuis une semaine, sous la médiation du Qatar, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, entre d'un côté les émissaires américains et de l'autre la diplomatie iranienne.
Les médiateurs du Qatar «ont présenté des idées et nous en avons discuté. Ils doivent de nouveau soulever la question auprès de la partie américaine, après quoi la réponse finale des États-Unis nous sera transmise par l'intermédiaire du médiateur qatari», a indiqué le chef de la diplomatie iranienne lundi soir.
«Les Qataris espèrent que cela sera fait d'ici demain», soit mardi, a ajouté Abbas Araghchi à la télévision d'État avant son départ pour Téhéran avec la délégation iranienne.
Il a précisé que les discussions portaient «uniquement sur le détroit d'Ormuz», au cœur du conflit, qui a débuté fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran.
Avant le début de la guerre, un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait par cette voie maritime stratégique.
Téhéran a verrouillé le détroit d'Ormuz après le déclenchement des hostilités, en représailles, amenant Washington à répliquer en instaurant son propre blocus des ports iraniens, qui pénalise les exportations de brut par Téhéran.
Le négociateur en chef iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, qui, lui, n'était pas du voyage à New York, a mis en garde mardi Washington et ses alliés.
«Les États-Unis et les autres pays doivent savoir que (...) dans une région où nous ne pouvons pas vendre de pétrole, personne d'autre n'en vendra non plus. Si notre sécurité n'est pas garantie, aucune infrastructure ne sera à l'abri», a déclaré dans une vidéo M. Ghalibaf, qui est aussi le président du Parlement iranien.
Comme condition préalable à la réouverture du détroit d'Ormuz, l'Iran exige un cessez-le-feu de sept jours dans tout le Moyen-Orient, y compris au Liban, où son allié, le Hezbollah, affronte les forces israéliennes.
Il réclame également le dégel des avoirs détenus à l'étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi que la fin du blocus naval américain contre ses ports.
AFP