Les moyens militaires français qui doivent être envoyés en Arabie saoudite le seront à titre «strictement défensif» pour protéger les exportations de brut sur la mer Rouge, a affirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot sur France 2.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir l'envoi «de soldats, de radars, de systèmes de défense pour protéger» le site de Yanbu, principal terminal saoudien d'exportation de brut sur la mer Rouge ciblé par les rebelles yéménites houthis, dans le but de faire baisser le prix des carburants.

Interrogé sur le risque d'être considérés comme des cobelligérants par les Houthis, M. Barrot a répondu: «Absolument pas (...) C'est strictement défensif».

«On met à disposition des moyens défensifs (...) Depuis le début de la guerre en Iran, nous avons déployé des moyens militaires pour protéger nos alliés, nos partenaires. Est-ce qu'à un seul moment nous avons été considérés comme belligérants ? Jamais», a-t-il souligné, en référence notamment à des opérations de protection du ciel des Émirats arabes unis contre des drones iraniens.

L'ampleur du déploiement français dépendra «du besoin tel qu'il sera exprimé par le partenaire (saoudien, NDLR), de nos propres capacités et de l'évolution de la situation», a-t-il ajouté.

Le ministre est resté vague sur la possibilité d'un débat au Parlement, réclamé par plusieurs responsables politiques, sur l'engagement de forces en plein conflit entre le royaume saoudien et les rebelles pro-iraniens.

«Nous aurons mille occasions de débattre de ces questions», a-t-il estimé, soulignant qu'un vote au titre de l'article 35 de la Constitution, demandé par le candidat de la gauche radicale à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon, «n'est prescrit (...) qu'à l'issue d'une période de quatre mois».

Jean-Luc Mélenchon a notamment estimé qu'envoyer «des troupes en Arabie saoudite, c'est s'installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant».

La reprise récente des hostilités au Yémen, avec une offensive éclair des Houthis vers le littoral de la mer Rouge qu'ils contrôlent désormais entièrement, affecte fortement l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, avec une chute du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce passage reliant l'Europe à l'Asie via la mer Rouge et le canal de Suez était devenu encore plus important pour l'Arabie saoudite depuis que l'Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d'Ormuz de l'autre côté de la péninsule arabique.

AFP