Le Premier ministre Nawaf Salam a réaffirmé vendredi devant l’Assemblée générale des Nations unies le monopole de l’État libanais sur la décision nationale, les armes et les négociations. Il a également appelé au retrait complet d’Israël, à l’application de la résolution 1701 et à la mise en place d’une force internationale appelée à remplacer la Finul afin d’éviter tout vide dans le Liban-Sud.

Confiance reconstruite, décision retrouvée, territoire libéré

«Nous avons assumé nos responsabilités alors que notre pays faisait face à trois défis existentiels: retrouver la confiance de son peuple après l’effondrement financier et l’explosion du port de Beyrouth, avec leur cortège de tragédies et de blessures; retrouver sa décision nationale, afin qu’aucune autorité ne soit placée au-dessus de celle de l’État, qu’aucune arme n’échappe à ses forces armées et que la décision de guerre et de paix relève exclusivement de ses institutions constitutionnelles; et récupérer l’intégralité de son territoire occupé par Israël, puis étendre sa souveraineté à l’ensemble du pays par ses propres forces, conformément à l’accord de Taëf et dans le respect sincère des résolutions internationales relatives au Liban, au premier rang desquelles la résolution 1701, qui demeure jusqu’à aujourd’hui une référence essentielle régissant les relations entre le Liban et Israël», a déclaré Nawaf Salam.

«Une confiance reconstruite, une décision retrouvée et un territoire libéré: telle est l’équation du redressement du Liban», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que «personne ne parle au nom du Liban et personne ne négocie en son nom, si ce n’est l’État libanais à travers ses institutions constitutionnelles».

«Il est vrai que le Liban est affecté par ce qui se passe autour de lui. Mais cela ne signifie pas que nous acceptons qu’il redevienne le théâtre des conflits des autres ou une carte de négociation entre leurs mains. L’avenir du Liban ne peut être décidé à sa place, et sa sécurité comme sa stabilité ne doivent pas devenir le prix de compromis conclus en son absence», a-t-il poursuivi.

Retrait israélien, prisonniers et retour des habitants

«Notre position sur la guerre a été claire dès le début: nous voulons qu’elle cesse, nous voulons consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël de l’ensemble des territoires libanais jusqu’à nos frontières internationalement reconnues, conformément à la convention d’armistice de 1949, comme l’a réaffirmé la résolution 1701. Nous voulons également la libération de tous nos prisonniers, le retour sûr et digne de nos habitants dans leurs villages et leurs villes, ainsi que la reconstruction de ce que la guerre a détruit», a affirmé Salam.

«La souveraineté à laquelle nous sommes attachés est indivisible: elle exige le retrait d’Israël de tous les territoires libanais, mais aussi l’extension de l’autorité de l’État libanais, par ses propres forces, à l’ensemble de son territoire, et le monopole des armes entre ses seules mains. C’est sur ces deux principes, ainsi que sur les règles de réciprocité et de progressivité, que repose le cadre trilatéral issu des négociations», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a souligné que «le succès de tout accord ne se mesure pas aux intentions déclarées, mais à l’exécution des engagements. Ce qui est donc nécessaire aujourd’hui, c’est de poursuivre la traduction de ce cadre en mesures concrètes, selon un calendrier clair et au moyen d’un mécanisme de vérification garantissant l’application de l’ensemble de ses dispositions».

Prévenir tout vide après le retrait de la Finul

Nawaf Salam a également appelé la communauté internationale à préparer l’après-Finul.

«Ce que nous tenons à souligner aujourd’hui, ici même, c’est la nécessité d’éviter le vide que pourrait provoquer le retrait de la Finul s’il intervenait sans accord sur une nouvelle force internationale appelée à la remplacer, à garantir la poursuite des missions de surveillance, de compte rendu et de liaison, et à compléter les exigences liées à l’application du cadre trilatéral», a-t-il déclaré.

Reconstruction et retour dans le Sud

«La récupération du territoire ne signifie pas seulement le retrait des forces d’occupation. Elle signifie aussi le retour de ses habitants et celui de la vie dans leurs villes et leurs villages», a poursuivi le Premier ministre.

«Tout en remerciant les agences des Nations unies et nos partenaires internationaux pour leurs contributions humanitaires, nous les appelons à continuer de fournir les financements nécessaires pour répondre aux besoins essentiels des populations touchées, notamment des déplacés, parallèlement aux exigences du redressement précoce, de la reconstruction et du développement», a-t-il ajouté.

Nawaf Salam a insisté sur le fait que «la reconstruction du Sud ne consiste pas simplement à rebâtir les pierres. Elle signifie reconstruire la vie des habitants, restaurer leurs moyens de subsistance et consacrer leur droit à vivre dans la sécurité et la dignité sur leur terre».

«Le Liban qui se tient aujourd’hui devant vous ne se dérobe pas à ses responsabilités et ne demande pas aux autres d’accomplir ce qui lui revient», a-t-il conclu.