Le port de Yanbu, où le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi l'envoi de moyens militaires» face aux attaques des combattants houthis du Yémen, est un site incontournable pour l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Principal terminal saoudien sur la mer Rouge, ce port est relié aux régions pétrolifères du royaume, situées près du Golfe, par l'oléoduc Est-Ouest, également connu sous le nom de Petroline.

Le port et l'oléoduc ont joué un rôle crucial depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, pour l'acheminement de brut et de produits pétroliers notamment vers les marchés européens. Ils ont permis à l'Arabie saoudite de contourner le détroit d'Ormuz verrouillé par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique.

Les cargaisons de pétrole brut chargées à Yanbu pouvaient passer par le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, à direction de l'Inde et du reste de l'Asie, ou alors remonter vers le nord de la mer Rouge en direction de l'Égypte, rappelle le cabinet spécialisé Rystad Energy.

Mais le port, qui abrite d'importantes installations de stockage et de raffinage de pétrole, est désormais la cible depuis juillet de frappes menées par les Houthis. Ils y ont notamment visé des infrastructures du géant pétrolier saoudien Aramco.

Les combattants pro-iraniens ont aussi imposé un blocus à la flotte saoudienne dans le passage de Bab el-Mandeb, sur lequel ils ont récemment renforcé leur emprise.

Selon la plateforme de suivi de matières premières Kpler, quelque 3,2 millions de barils empruntaient le détroit vers l'océan Indien avant ce blocus. Ces flux se sont depuis quasiment taris.

Et l'oléoduc Est-Ouest, qui peut en temps normal transporter 5 millions de barils de brut par jour, capacité pouvant être temporairement portée à 7 millions, a subi une attaque en provenance d'Irak à la mi-septembre, qui a entraîné sa fermeture.

Ces perturbations ont contribué à tirer de nouveau les cours du pétrole à la hausse, si bien que les prix des carburants, et notamment du gazole, atteignent actuellement des sommets en Europe.

Rystad a calculé qu'une interruption d'un mois des chargements à Yanbu priverait le marché mondial de l'exportation d'environ 78 à 120 millions de barils, une «perturbation importante» mais qui pourrait être absorbée en mobilisant d'autres sources d'approvisionnement.

Au bout de trois mois, c'est 230 à 360 millions de barils qui seraient menacés.

AFP