L'Arabie saoudite a dit jeudi avoir intercepté une attaque de missiles tirés du Yémen voisin par les Houthis pro-iraniens, sur fond d'intensification des hostilités entre les deux parties.

Les défenses aériennes ont abattu six missiles visant les régions de Taïf et de Yanbu, sur la mer Rouge, a indiqué la coalition mise en place par Ryad en 2015, au début de la guerre civile au Yémen, pour soutenir le gouvernement face aux Houthis.

«Les escalades et violations de la milice terroriste houthie feront l'objet d'une réponse ferme», a averti sur X son porte-parole, Turki al-Maliki.

La défense civile saoudienne avait émis plus tôt des alertes «signalant un danger potentiel» dans plusieurs régions du royaume, notamment La Mecque, la ville la plus sacrée de l'islam.

Ces avertissements, qui concernaient également les provinces de Taïf, Jeddah, Tabouk et Yanbu, ont été levés quelques minutes plus tard.

Les Houthis ont ensuite affirmé avoir lancé une attaque impliquant des missiles balistiques et des drones pour viser des centres de commandement et des dépôts d'armes dans le sud de l'Arabie saoudite.

Selon le groupe, des personnels yéménites, soudanais et saoudiens ont été tués et blessés dans l'attaque.

Les combattants pro-iraniens ont aussi revendiqué dans la soirée des attaques contre des installations du géant pétrolier Aramco à Yanbu, et un site non identifié à Ryad.

En déplacement aux États-Unis dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré que les Houthis étaient «responsables de leurs propres actes» et «ne (recevaient) pas de directives» de l'Iran, dans une interview sur la chaîne américaine Fox News.

«Nous avons des contacts avec eux», a toutefois poursuivi le président, selon une traduction en anglais de propos en farsi.

Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part annoncé lors d'un entretien télévisé à Paris l'envoi de «moyens militaires» pour «protéger» le terminal pétrolier de Yanbu, maillon stratégique du réseau saoudien d'installations énergétiques, affirmant qu'il s'agissait d'oeuvrer à la détente des marchés pétroliers.

Plus de 150 morts en 24 heures

Les Houthis, qui contrôlent notamment la capitale Sanaa, ont mené plusieurs attaques contre leur voisin depuis la reprise des hostilités au Yémen en juillet, après des années d'accalmie.

Le conflit s'est intensifié en septembre lorsque les combattants antigouvernementaux se sont emparés du littoral yéménite sur la mer Rouge, consolidant leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

Ce passage est devenu encore plus important pour l'Arabie saoudite depuis que l'Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, en raison de la guerre au Moyen-Orient.

La semaine dernière, Ryad avait accusé les Houthis d'avoir visé la Mecque avec un drone, qui a été abattu, ce que le mouvement a nié.

La capitale du royaume a également été ciblée samedi, pour la première fois depuis des années.

En parallèle, les Houthis continuent de se battre au Yémen contre les forces gouvernementales appuyées par l'aviation saoudienne, pour prendre notamment le contrôle des collines surplombant le détroit de Bab al-Mandeb.

Les affrontements ont fait au moins 150 morts ces dernières 24 heures, ont indiqué à l'AFP des sources militaires dans les deux camps.

Selon un décompte de l'AFP, au moins 98 membres des forces gouvernementales ont été tués, la plupart dans des attaques de missiles et de drones visant notamment des soldats stationnés du côté saoudien de la frontière.

Dans les rangs des Houthis, au moins 52 combattants ont été tués, selon deux sources militaires.

Les combats depuis début septembre ont également fait des dizaines de morts parmi la population et déplacé plus de 130.000 personnes, selon l'ONU.

AFP