La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé un ralentissement marqué dans plusieurs économies émergentes, soulignant que le Liban, l’Irak et l’Ukraine subissent de plein fouet les conséquences des conflits en cours.

Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales, l’institution pointe une série de facteurs qui freinent la croissance: flambée des prix de l’énergie, hausse des coûts d’emprunt, sécheresse en Europe et fermeture prolongée du détroit d’Hormuz.

Sur l’ensemble des 41 économies couvertes, la BERD prévoit une croissance de 2,5% cette année, soit une révision à la baisse de 0,6 point par rapport à juin. Il s’agit du deuxième ajustement consécutif.

«Ce qui inquiète, c’est la multiplication des points de pression, du diesel au blé en passant par le coût du crédit… Les tensions s’accumulent et les risques de révision à la baisse sont élevés», a déclaré Beata Javorcik, économiste en chef du BERD.

Les coupes les plus sévères concernent l’Irak et le Liban. L’économie irakienne devrait se contracter de 12 % en 2026, pénalisée par la fermeture du détroit d’Hormuz qui bloque les exportations de pétrole. Le Liban, lui, verrait son PIB reculer de 5%, conséquence directe du conflit avec Israël qui paralyse l’activité économique.

Le rapport abaisse également les prévisions pour l’Ukraine, en raison de l’intensification des attaques russes, et pour la Turquie, où l’inflation persistante durcit les conditions de financement.

En revanche, les pressions sur les prix se sont révélées moins fortes que redouté: l’inflation moyenne dans les pays de la BERD s’est stabilisée autour de 6%, l’énergie représentant environ un quart de ce chiffre.

Or, le cours mondial du blé a bondi de 30% depuis février. Dans le même temps, les attaques dans la mer Noire ont ramené les exportations ukrainiennes à leur plus bas niveau depuis avril 2022, selon Beata Javorcik. Cette combinaison de facteurs pourrait provoquer une chute des exportations de blé, d’huile de graines et de minerais, estimée à 5,5 milliards de dollars cette année, soit 2,5% du PIB. Une baisse alimentée à la fois par le recul du niveau des eaux du Danube et par les frappes russes contre les lignes ferroviaires, qui réduisent les itinéraires alternatifs d’exportation.

Cette flambée du cours du blé menace directement les économies importatrices de denrées alimentaires. Elle pèse notamment sur des pays comme l’Égypte, où le pain et les produits céréaliers sont fortement subventionnés. D’autant que la Russie et l’Ukraine représentent ensemble près d’un quart des exportations mondiales de blé.