Donald Trump a annoncé mardi que le dialogue avec Téhéran avait repris, pour mettre fin à un conflit qui le plombe politiquement, quelques minutes après avoir menacé à la tribune de l'ONU d'anéantir l'Iran.

Selon la télévision d'État iranienne Irib, Téhéran a communiqué lors de ces pourparlers ses conditions pour une réouverture du stratégique détroit d'Ormuz.

«J'ai une grande décision à prendre: un accord sera-t-il conclu avec l'Iran?», a déclaré le président américain devant l'Assemblée générale des Nations unies. «Ou est-ce que j'anéantis la République islamique (...)? Est-ce que je les envoie en enfer?»

«J'espère qu'ils prendront les bonnes décisions avant qu'il ne soit trop tard», a-t-il ajouté peu après, pendant une réunion avec des dirigeants de pays du Moyen-Orient.

Il a toutefois estimé qu'un accord était possible après les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis en novembre, lors desquelles le Parti républicain risque de perdre le contrôle du Congrès en raison notamment du prix élevé des carburants à cause de la guerre.

Lors d'un point presse avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, il a ensuite révélé que le dialogue entre Téhéran et Washington avait repris. Il était interrompu depuis juin, à la suite de l'échec d'un protocole d'accord.

«C'est une rencontre qui a duré trois heures», a dit le président américain, en parlant d'une «très bonne» réunion et en assurant qu'une autre discussion était prévue «dans un futur très proche».

«Je fais la paix»

«Nous avons mené de longues discussions avec la délégation iranienne par l'intermédiaire des médiateurs» en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, a écrit dans la soirée sur X l'émissaire américain Steve Witkoff. Ces derniers, qui «ont fait la navette entre les deux parties tout au long de la journée», «ont mené à bien un cycle de discussions qui, nous l'espérons, s'avérera constructif et prometteur», a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, Steve Witkoff avait affirmé qu'il se sentait «très bien» à propos de ces échanges. Il a mené ces discussions avec le gendre du président américain, Jared Kushner.

Côté iranien, le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a participé à la réunion, a rapporté la télévision d'État iranienne.

Selon Irib, M. Araghchi a déclaré à M. Witkoff que les conditions de Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz comprenaient «la levée immédiate du blocus naval (américain, ndlr), le versement rapide de l'ensemble des avoirs iraniens gelés, ainsi que la fin de la guerre sur tous les fronts».

Le passage à l'ONU de Donald Trump, qui oppose au multilatéralisme la défense décomplexée de «l'Amérique d'abord», a été émaillé de promesses de paix aussi bien que de déclarations martiales.

«Quand d'autres parlent de paix, je fais la paix», a assuré le dirigeant républicain, auquel les électeurs reprochent au contraire de n'avoir pas tenu sa promesse de tenir l'Amérique à l'écart des conflits du monde.

Il a vanté l'opération militaire ayant conduit à la capture début janvier du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, et l'accès gagné par les États-Unis aux réserves pétrolières du pays, à la suite d'accords récents avec Caracas.

«C'est le vainqueur qui s'empare du butin», a-t-il commenté, peu avant d'avoir un entretien informel en soirée avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.

Escalier mécanique

Donald Trump a aussi menacé d'utiliser la «puissance militaire» pour défendre l'influence de Washington en Amérique du Sud et prédit que Cuba allait «tomber».

Les représentants de Cuba ont d'ailleurs quitté la salle pendant son discours, tout comme des délégués iraniens.

Le président américain, cette fois dans le registre pacifique, a assuré qu'un accord entre la Russie et l'Ukraine était «plus proche qu'on ne pense», sans donner de détails.

Il a aussi signé un accord avec le Danemark et le Groenland sur la sécurité de l'immense territoire arctique, qu'il a présenté comme une victoire éclatante pour les États-Unis.

Le texte reste toutefois éloigné de sa volonté initiale d'annexion de l'île, une revendication qui avait profondément ébranlé les Européens.

Dans l'ensemble, l'argumentaire de Donald Trump, même belliqueux par moments, n'a pas créé à New York la même commotion que l'an dernier.

 

Par Brendan SMIALOWSKI avec Aurélia END à Washington, AFP