De premiers vols iraniens à destination d'Irak et d'Oman vont être annulés à partir de minuit, heure locale, après l'annonce de nouvelles sanctions américaines visant les compagnies aériennes iraniennes, ont indiqué mardi des médias iraniens.
Selon l'aviation civile iranienne, citée par les agences de presse Tasnim et Isna, «les aéroports de Bagdad et Mascate ne vont plus accueillir de vols iraniens» à partir de minuit.
«Les autres vols internationaux, y compris à destination d'Istanbul, sont programmés comme prévu et il n'y a actuellement aucune difficulté avec ces vols», a rapporté mardi soir Tasnim.
Des négociations sont en cours pour que «les vols à destination de Bagdad puissent être redirigés vers l'aéroport de Najaf», une ville sainte dans le centre de l'Irak appréciée des pèlerins iraniens, a expliqué le porte-parole de l'aviation aux deux agences.
Selon Isna, des négociations avec Oman sont également en cours.
En Irak, les autorités n'ont pas encore donné leur position officielle, mais plusieurs sources, dont un haut responsable gouvernemental, ont dit à l'AFP que Bagdad se conformerait à l'interdiction américaine.
Début septembre, le gouvernement américain a placé sur liste noire l'entièreté du secteur aérien iranien et menacé de sanctionner toute organisation travaillant avec les compagnies aériennes d'Iran.
Le ministre américain des Finances Scott Bessent a assuré lundi que les compagnies aériennes iraniennes «ne pourront plus fonctionner, partout dans le monde» à partir de mercredi.
La compagnie nationale Iran Air avait affirmé dans la matinée n'avoir reçu aucune interdiction de desservir plusieurs pays limitrophes de l'Iran.
«Iran Air n'a reçu aucune notification ni instruction officielle des autorités de l'aviation civile de Turquie, de la République d'Azerbaïdjan et d'Irak concernant l'arrêt ou la suspension des vols de la compagnie vers Istanbul, Bakou et Najaf», a indiqué l'entreprise dans un communiqué relayé par Irna.
Le secteur aérien iranien est déjà visé depuis des années par diverses sanctions.
L'Iran compte 27 compagnies aériennes, qui dans leur majorité assurent des liaisons intérieures.
Iran Air, la compagnie nationale, et Mahan Air, une entreprise privée, sont les deux principales à assurer des liaisons avec l'étranger, essentiellement des pays limitrophes mais aussi la Russie et la Chine.
Pékin a dit mardi s'opposer aux «sanctions unilatérales illégales».
Depuis lundi, la Géorgie interdit tous les vols iraniens vers et depuis son territoire, tandis que Mahan Air a annoncé la suspension de tous ses vols vers la Turquie voisine, à la demande des autorités turques.
Ces restrictions compliquent davantage les possibilités pour les Iraniens de se rendre à l'étranger ou de revenir dans leur pays.
Les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, avaient déjà entraîné la fermeture totale de l'espace aérien iranien.
Le trafic a depuis partiellement repris mais seules des compagnies iraniennes peuvent quitter l'Iran.
AFP