Le président du Conseil présidentiel yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a sollicité le soutien des Etats-Unis dans le combat contre les Houthis pro-iraniens, lors d'un appel téléphonique dimanche avec Donald Trump, a indiqué à l'AFP une source au sein de son entourage.

Le dirigeant américain a fait part à Rachad al-Alimi de sa solidarité après l'offensive éclair des Houthis, qui contrôlent désormais une grande partie du Yémen, mais il n'a pas promis de soutien militaire, a précisé cette source lundi.

La demande du responsable yéménite est intervenue au lendemain d'une attaque des Houthis contre la capitale saoudienne Ryad samedi, ciblée pour la première fois depuis la reprise des hostilités début juillet.

Selon le New York Times, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a également exhorté le président Trump à intervenir et à frapper les Houthis.

Il l'a «imploré une nouvelle fois d'intervenir pour freiner l'avancée rapide» des Houthis, mais Donald Trump, après l'avoir envisagé, s'est ravisé et a renoncé «au moins pour l'instant» à de telles frappes, selon des témoignages de responsables de l'administration recueillis sous couvert de l'anonymat par le quotidien américain.

La Maison Blanche a refusé de commenter ces informations.

Le président américain a lui affirmé dimanche que les Houthis avaient accepté de ne pas s'en prendre aux Etats-Unis, selon des propos rapportés par un journaliste de Fox News, comme pour justifier sa décision de ne pas les frapper.

Au Yémen, l'offensive éclair des Houthis ces dernières semaines a fait des centaines de morts et près de 130.000 déplacés, selon des chiffres publiés lundi par l'ONU.

Les combattants pro-iraniens contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

La guerre avait éclaté en 2014 quand les Houthis se sont emparés de la capitale Sanaa puis d'autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite.

La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Ryad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.

AFP