Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a rencontré dimanche le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors d'une rare visite au Caire, au moment où les États-Unis disent craindre une «escalade rapide» de la guerre au Moyen-Orient.

Selon la présidence égyptienne, la réunion, à laquelle assistait le chef du renseignement Hassan Rashad, a porté sur les guerres entre l'Iran et les États-Unis, dans la bande de Gaza et au Soudan, ainsi que sur les attaques visant des pays du Golfe et les menaces pesant sur la sécurité maritime.

Le dirigeant Sissi a souligné «l'importance capitale de régler les crises régionales par des voies politiques et diplomatiques», a indiqué la présidence dans un communiqué.

John Ratcliffe a de son côté «salué le rôle pivot de l'Égypte» afin de «parvenir à résoudre pacifiquement» les conflits régionaux, d'après la même source.

Le département d'État avait avant cette rencontre déconseillé aux ressortissants américains de voyager au Moyen-Orient, après une attaque des Houthis pro-iraniens du Yémen ayant visé la capitale saoudienne, Riyad.

«Ce conflit militaire a le potentiel de connaître une escalade rapide», a-t-il estimé sur X.

Les hostilités entre l'Arabie saoudite et les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen, ont déjà perturbé le trafic maritime et les exportations de l'Arabie saoudite, premier fournisseur d'or noir de la planète.

Le Caire est un allié clé des États-Unis dans la région et l'un des principaux bénéficiaires de l'aide militaire américaine. Il se présente régulièrement comme une force de stabilisation dans la région, maintenant des canaux de communication ouverts avec des camps opposés, notamment l'Iran, Israël et le Hamas palestinien.

Plus tôt cette semaine, le président égyptien avait reçu le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite.

Les deux hommes avaient appelé à une navigation maritime sûre et sécurisée dans le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, sur lequel les Houthis ont renforcé leur emprise après une offensive éclair le long de la mer Rouge.

Selon le média américain Axios, Washington avait refusé la semaine dernière une demande saoudienne visant à frapper les Houthis.

Le gouvernement américain a cependant approuvé la vente de 48 avions de combat furtifs F-35 au royaume pour un montant de 24,3 milliards de dollars, afin d'aider Riyad à contrer «les menaces actuelles et futures».

AFP