Des experts des Gardiens de la révolution iraniens se sont rendus dans la région de Bab el-Mandeb afin d’étudier l’installation de radars à proximité et de superviser des travaux de creusement de tunnels dans les collines montagneuses qui la surplombent, ont indiqué samedi à l’Agence France-Presse deux sources militaires affiliées aux Houthis.

Selon les deux sources, les experts iraniens qui travaillent avec les Houthis se sont rendus dans la région de Bab el-Mandeb, ainsi qu’au port et à l’aéroport de Mokha et au camp de Jabal al-Nar, à l’est de Mokha, qui servait de salle de commandement aux forces gouvernementales yéménites et aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Elles ont ajouté que les experts avaient supervisé des travaux de creusement de tunnels dans les collines montagneuses dominant Mokha et Bab el-Mandeb et avaient étudié l’installation de radars près de Mokha et sur l’île de Zuqar, dans le sud de la mer Rouge.

Les deux sources ont précisé que les experts étaient arrivés de Hodeida et avaient effectué des visites distinctes entre jeudi et vendredi.

Dans le même contexte, des sources gouvernementales yéménites ont indiqué samedi à l’AFP que les combats s’étaient intensifiés entre les Houthis, soutenus par l’Iran, et les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite, autour de la région montagneuse de Kahboub, qui domine la zone de Bab el-Mandeb. Les Houthis cherchent à en prendre le contrôle afin de consolider leurs gains autour de ce détroit stratégique.

Le conflit au Yémen connaît une forte escalade depuis juillet, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient entre l’Iran et les États-Unis.

La semaine dernière, les Houthis ont pris le contrôle de l’ensemble de la côte occidentale donnant sur la mer Rouge et se sont emparés de la zone du détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’océan Indien à la mer Rouge, et par conséquent l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

La reprise des hostilités au Yémen a affecté le trafic maritime dans la région, avec une forte baisse des exportations saoudiennes.

Selon Kpler, société spécialisée dans le suivi du trafic maritime, cinq navires chargés de marchandises saoudiennes ont quitté la mer Rouge via Bab el-Mandeb au cours des sept derniers jours, soit moins d’un tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier.

Les flux pétroliers ont également diminué de manière générale : environ 3,4 millions de barils par jour ont transité par ce passage maritime depuis le 11 septembre, contre une moyenne de 4,4 millions de barils par jour depuis le début de l’année.

Les Houthis affirment qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans ce passage maritime, à l’exception des navires appartenant à l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut. Mais toute attaque pourrait inciter les autres armateurs à faire preuve de prudence.
 

AFP