Le commandant de la Finul, le général italien Diodato Abagnara, a estimé samedi qu’il était essentiel d’assurer une transition « très fluide » vers l’armée libanaise et les autres agences des Nations unies avant le début du retrait de la force internationale du Liban-Sud, prévu à la fin de l’année.
Dans un entretien accordé à Reuters depuis une position de la Finul près de Mansouri, Diodato Abagnara a indiqué que la force travaillait déjà avec l’équipe des Nations unies au Liban afin de garantir la continuité de l’aide humanitaire dans les zones contrôlées par l’armée israélienne, ainsi que le partage d’informations avec l’armée libanaise concernant les zones sensibles.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé que la Finul devait commencer son retrait à la fin de 2026, après près de cinquante ans de présence au Liban-Sud. Cette perspective suscite des inquiétudes concernant la poursuite des missions humanitaires et le transfert des positions de la force internationale à l’armée libanaise.
Le général Abagnara a reconnu que ce transfert pourrait être « très difficile », plus de la moitié des positions de la Finul se trouvant désormais, selon Reuters, dans des zones sous contrôle israélien.
Le commandant de la Finul s’est également exprimé sur les opérations israéliennes à Mansouri, où des engins de chantier ont été observés détruisant des arbres et des immeubles. Il a qualifié ces démolitions de « nouvelle violation » des résolutions du Conseil de sécurité relatives au Liban. L’armée israélienne affirme pour sa part viser des infrastructures du Hezbollah dans le sud du pays.
Le retrait annoncé de la Finul intervient alors que plusieurs pays examinent les options susceptibles de combler le vide laissé par la mission. Beyrouth réclame une prolongation de son mandat, tandis que l’hypothèse d’une nouvelle force multinationale est également évoquée.
Diodato Abagnara a déclaré qu’une prolongation représenterait « un grand honneur », tout en rappelant qu’en l’absence d’une nouvelle décision du Conseil de sécurité, la Finul devrait mettre fin à ses opérations à la fin de l’année.
« La présence des Nations unies dans le Sud est très, très essentielle, et selon moi plus aujourd’hui que jamais », a-t-il conclu.