Les menaces hybrides de la Russie, la flambée des prix des carburants et la guerre au Proche et Moyen-Orient. Face à l'instabilité généralisée, Emmanuel Macron s'est exprimé vendredi sur les risques qui menacent le pays, après avoir reçu les candidats à sa succession ou leurs bras droits.
Voici ce qu'il faut retenir de son allocution.
L'«agressivité russe» évolue
La Russie, qui envahit l'Ukraine depuis 2022 et qui est accusée de multiplier les opérations de déstabilisation en Europe, fait partie des principaux facteurs d'inquiétude.
«La nature de l'agressivité russe et de ses menaces en Europe change», a prévenu Emmanuel Macron lors de son allocution à l'Elysée.
Il a cité l'attaque contre un train de passagers tout près de la frontière polonaise en Ukraine, des incursions dans l'espace aérien de pays européens, ou encore une tentative d'attaque impliquant un drone chargé d'explosifs à l'aéroport allemand de Leipzig.
Emmanuel Macron a assuré que ces menaces ne changeaient pas la position française sur l'Ukraine, au contraire.
«Le soutien à l'Ukraine est plus que jamais indispensable parce qu'il est la condition de notre sécurité», a-t-il expliqué.
Les attaques hybrides russes ne resteront «pas sans réponse», a-t-il martelé. «Nous ne sommes pas intimidés.»
Un plan pour protéger les infrastructures
Il est néanmoins nécessaire de se protéger face à ces risques accrus.
Emmanuel Macron a annoncé vendredi avoir demandé au gouvernement de «préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense» contre les «attaques de drones et les attaques cyber».
A sept mois de la présidentielle, le président a affirmé que la France continuait d'améliorer sa «protection contre les ingérences étrangères».
Les prix des carburants
Autre crise majeure qui touche la France, la guerre au Proche et au Moyen-Orient et ses conséquences sur le prix de l'énergie.
«Les prix à la pompe atteignent des niveaux historiques qui font aujourd'hui beaucoup souffrir» et l'inquiétude «monte» sur les tarifs du gaz, a reconnu Emmanuel Macron.
Mais cette hausse des prix n'est «pas la conséquence de décisions gouvernementales» et «est due intégralement aux guerres et à la situation internationale» au Moyen-Orient et en Ukraine, a-t-il dit.
La France cherche à «sécuriser (ses) volumes et approvisionnement» concernant le gaz et certains types de carburants, a-t-il dit.
Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait convoquer une réunion du G7 consacrée aux «sujets énergétiques», qui se tiendra «dans les prochaines semaines», afin de mieux coordonner les stocks.
Traiter les «causes» plutôt qu'augmenter les aides
Pour contrer la flambée des prix, faut-il augmenter les aides? «Nous avons des contraintes de finances publiques», a souligné Emmanuel Macron.
Il a critiqué les responsables politiques qui demandent aujourd'hui d'accorder davantage d'aide, alors qu'ils lui reprochaient hier d'avoir dépensé de façon «irresponsable».
«Avant de dépenser le maximum d'argent, qui est l'argent des Français, et donc qui se traduira soit en déficit accru, soit en impôt, il faut surtout que nous soyons mobilisés pour essayer d'en traiter les causes», a-t-il dit.
Il faut, selon lui, «essayer de bâtir la paix, réduire nos dépendances» et «protéger nos compatriotes pour l'hiver».
Appel à l'unité
Alors que des appels à la mobilisation se multiplient, certains faisant référence au mouvement des Gilets jaunes, Emmanuel Macron a appelé à «rester unis» car «la division nous rendra moins forts pour affronter ces crises».
«Les mobilisations sociales sont toujours légitimes», a-t-il ajouté, mais ne sont efficaces que «lorsqu'elles ont un débouché qui est à la main du gouvernement», ce qui n'est, selon lui, pas le cas ici.
Rôle de garant
Emmanuel Macron, qui entre dans les derniers mois de son mandat, a dit se fixer un rôle de «garant» d'ici à l'élection présidentielle du printemps prochain, ce qui n'implique pas d'être «un commentateur de notre vie publique».
Il a affirmé qu'il pourrait convoquer de nouveaux les candidats à sa succession, comme il l'a fait vendredi, s'il l'estime «nécessaire et pertinent pour la qualité du débat démocratique».
Par Léa DAUPLE / AFP