La justice libanaise a inculpé 14 ressortissants libanais et syriens, dont un membre du Hezbollah et un ex-officier du renseignement travaillant sous Bachar al-Assad, accusés d'avoir formé et entraîné des groupes pour mener des attaques en Syrie, a indiqué jeudi une source judiciaire.
Début septembre, les autorités libanaises avaient arrêté un groupe d'individus, comprenant notamment un ex-agent du renseignement syrien et plusieurs complices présumés, qui auraient planifié des attaques contre le pouvoir du président Ahmed al-Chareh et auraient bénéficié d'un entraînement auprès du Hezbollah. Les suspects ont nié ces accusations.
Un responsable judiciaire a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que le tribunal militaire libanais a «inculpé 14 ressortissants libanais et syriens, dont cinq sont détenus, pour des infractions de formation d'un groupe criminel, suivi d'un entrainement militaire au maniement d'armes, d'explosifs et de drones, avec l'intention de perpétrer des actes terroristes sur la côte syrienne».
Parmi les personnes détenues figure Manaf Ali Safi, ex-officier du renseignement syrien ayant servi sous les ordres de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024.
Selon la source, Manaf Ali Safi a parlé d'un «transfert de plus de 40 officiers et membres des forces loyales à Bachar al-Assad depuis la côte syrienne vers le nord du Liban, via des passages frontaliers illégaux, par groupes de cinq personnes».
Le responsable judiciaire a ajouté qu'un «cadre du Hezbollah, actuellement en fuite, a supervisé le transfert clandestin des membres du réseau ainsi que leur entraînement» dans des camps du Hezbollah situés dans l'est du Liban.
Selon lui, le réseau est dirigé par un ancien général de division de l'armée syrienne, proche de Bachar al-Assad, résidant désormais à Moscou, comme l'ancien dictateur déchu.
La côte syrienne, bastion de la minorité alaouite dont est issu Bachar al-Assad, a été le théâtre de violences confessionnelles l'année dernière.
Ces violences, qui ont éclaté selon les autorités à la suite d'attaques menées par des partisans de Bachar al-Assad, ont fait au moins 1.426 morts, selon une commission d'enquête nationale.
Parallèlement, la Syrie et le Liban tentent d'ouvrir une nouvelle page dans leurs relations depuis la chute du clan Assad et l'affaiblissement du Hezbollah soutenu par l'Iran.
En août, Beyrouth avait extradé vers Damas un ancien général de l'ère Assad, accusé notamment de meurtre et de torture.
AFP