Six Français, jihadistes présumés, doivent être jugés dimanche en Irak, a indiqué une source judiciaire irakienne à l'AFP, alors que des avocats exhortent Paris à rapatrier de toute urgence» les Français détenus en Irak et menacés d'un procès.

Ces avocats français ont été prévenus, par la sœur de l'un des détenus qu'ils représentent, de l'imminence d'audiences où les suspects risquent la peine de mort, avant d'obtenir eux aussi confirmation, par mail, de cette possibilité.

«Nous avons été informés que des audiences concernant des ressortissants français pourraient avoir lieu à partir du 20 septembre», leur a écrit mercredi la Direction des Français à l'étranger et de l'administration consulaire (DFAE).

Sollicitée par l'AFP, une source judiciaire irakienne a précisé que le procès attendu dimanche «concernera six ressortissants français faisant partie du premier groupe transféré depuis la Syrie en 2025».

Quarante-sept Français avaient été transférés en 2025 de Syrie en Irak. Puis cinq ou six autres Français ont été transférés, lors de larges mouvements début 2026 concernant 5 700 personnes d'une soixantaine de nationalités, soupçonnées d'être des membres du groupe jihadiste État islamique (EI).

Le 1ᵉʳ septembre, la justice irakienne a annoncé avoir terminé les interrogatoires des 5 700 personnes.

Dans leur communiqué publié jeudi, Mes Marie Dosé, Matthieu Bagard, Victoire d'Humières, Pauline Gamba-Martini et Baptiste Vachon réclament, une nouvelle fois, le rapatriement de ces hommes «afin de garantir que ces Français ne soient pas exposés à la peine de mort et victimes d'un déni de justice flagrant».

Les conseils ont ainsi dénoncé l'opacité des procédures judiciaires menées à leur encontre en Irak, les privant selon eux des droits de la défense, et ont déploré ne pouvoir représenter leurs clients lors de ces procès.

«Vous pouvez mandater des confrères irakiens, qui s'assureront de l'équité des procès, et vous transmettront les éléments de procédure», leur a répondu la DFAE.

Mes Bagard et Dosé avaient pu rendre visite en janvier à 13 d'entre eux, mandatés par leurs familles. Ils avaient alors livré, dans un rapport consulté par l'AFP, des témoignages de ces suspects faisant part de «torture» et de «traitements inhumains».

Sollicité, le Quai d'Orsay a indiqué à l'AFP que ces hommes bénéficiaient de la protection consulaire.

L'imminence des procès rappelle la situation de onze Français, condamnés à mort en Irak en 2019, puis à la prison à vie. Ils demandent actuellement à purger leur peine en France, où ils font l'objet d'investigations antiterroristes. Une juge d'instruction enquête aussi, depuis 2023, sur leurs conditions d'emprisonnement en Irak, pour tortures et détention arbitraire notamment.

AFP