Les Émirats arabes unis vont investir un total de 40 milliards d'euros dans des projets en Allemagne, notamment pour développer de nouveaux centres de données, ont annoncé jeudi les deux pays à l'occasion d'une visite historique du président émirati à Berlin.
Au cours de cette visite, la première pour un chef d'État de son pays en Allemagne, Mohammed ben Zayed a salué avec le chancelier Friedrich Merz ce programme comprenant notamment «des investissements dans les infrastructures numériques avancées, y compris le développement de nouveaux centres de données de pointe d’une capacité d’environ 1 gigawatt», selon une déclaration commune transmise jeudi par Berlin.
Les deux dirigeants ont également annoncé la création d'un «conseil d'investissement» binational, «conçu comme une plateforme visant à promouvoir les investissements et à renforcer les échanges entre les secteurs public et privé».
Ils ont également chapeauté la signature de 29 protocoles d'accord et de contrats entre entreprises des deux pays, pour une valeur approchant les 9,5 milliards d'euros, «illustrant la profondeur croissante de la coopération entre les secteurs privés des deux pays».
Le Golfe, dont les pétromonarchies cherchent à diversifier leurs investissements, est une source essentielle de capitaux pour l'essor de l'intelligence artificielle (IA).
Cet investissement supplémentaire de 40 milliards d'euros en Allemagne, qui s'ajoutent à un socle de 34 milliards déjà investis dans ce pays, selon le ministre émirati de l'Industrie Sultan Ahmed Al Jaber, va permettre à ce pays de bénéficier des «compétences allemandes» et de «renforcer» ses «capacités dans des secteurs stratégiques, et de développer des entreprises capables de servir les marchés en croissance dans le Golfe, en Asie et en Afrique», a déclaré le représentant du gouvernement émirati dans un communiqué séparé.
«Les Émirats arabes unis investissent sur le long terme et bâtissent des partenariats durables», a insisté le ministre.
Cette visite historique, qui a nécessité le bouclage d'un carrefour central de la capitale allemande, devant l'hôtel de la délégation des Émirats, intervient alors que la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran continue de déstabiliser la région du Golfe.
«Avantages économiques»
En visite en février, avant l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le chancelier allemand Friedrich Merz avait souligné l'urgente nécessité de «tels partenariats à une époque où les grandes puissances déterminent de plus en plus la politique».
Les Émirats sont le premier partenaire commercial de l’Allemagne dans le Golfe, avec des échanges bilatéraux dépassant 15 milliards de dollars en 2025, en hausse de 14%, et de nombreuses grandes entreprises allemandes y sont présentes, dont BMW, Siemens, ThyssenKrupp et Deutsche Bahn.
Les Émirats ont de leur côté déjà investi en masse dans l'industrie chimique et l'éolien en mer allemand.
Lors de la visite de M. Merz en février, le géant énergétique allemand RWE et la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dhabi, Adnoc, avaient signé un protocole d'accord sur des importations de gaz non liquéfié (GNL) pour la prochaine décennie.
L'Allemagne, première économie de l’UE, soutient des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Émirats qui «apportera des avantages économiques aux deux parties», réaffirment jeudi les deux dirigeants.
Human Rights Watch a regretté mercredi que les droits humains soient relégués au second plan de cette visite, soulignant le soutien présumé d'Abou Dhabi à des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dans le conflit au Soudan.
Les dirigeants allemand et émirati ont «exhorté» jeudi les forces armées soudanaises (SAF) et les FSR à «cesser immédiatement toutes les opérations militaires qui continuent de mettre les civils en danger, y compris les frappes de drones et les entraves à l'«accès humanitaire».
AFP



Commentaires