Yémen: plus de 20.000 déplacés après des combats dans le sud-ouest
Distribution de l'aide alimentaire pour les déplacés au Yémen victime d'une guerre larvée depuis 2017. (AFP) ©-/AFP

La reprise des hostilités entre les rebelles pro-iraniens Houthis et les forces pro-gouvernementales dans le sud-ouest du Yémen a déjà contraint près de 20.000 personnes à fuir leur domicile, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les rebelles ont lancé la semaine dernière une nouvelle offensive visant les zones bordant le détroit de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge, qui a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Ces affrontements avec les forces progouvernementales ont fait plus de 300 morts depuis jeudi, jetant sur les routes de nombreuses familles, selon des sources au sein des deux camps interrogées par l'AFP.

«Nous sommes profondément alarmés par l'escalade de la violence sur la côte ouest du Yémen, qui, jusqu'à hier, a provoqué le déplacement de plus de 18.500 personnes», a déclaré à la presse depuis Aden Abdusattor Esoev, chef de mission de l'OIM au Yémen.

«Le nombre de déplacés augmente d'heure en heure, alors que les familles continuent d'arriver dans les communautés d'accueil et sur les sites de déplacement», affirme l'organisation onusienne.

«Les familles arrivent avec rien: pas d'abri, pas de nourriture, et aucun moyen de savoir si elles peuvent rentrer chez elles en toute sécurité», a déploré M. Esoev. «Beaucoup sont des personnes qui ont déjà été déplacées une, deux, voire quatre fois. Chaque fois que les combats reprennent, elles perdent le peu qu'elles avaient réussi à reconstruire.»

Selon l'OIM, d'importants déplacements ont eu lieu dans les communautés de Maqbanah, Al-Maafer et Jabal Habashi, près de la côte sud-ouest. «La reprise des combats aurait également entraîné de nouveaux déplacements de familles qui vivaient auparavant sur des sites accueillant des personnes déplacées à Hays», un peu plus au nord, a ajouté l'organisation.

Les centres urbains et les communautés d'accueil du sud de Taëz et de la côte occidentale subissent ainsi «une forte pression en raison de l'afflux continu de nouvelles familles déplacées» et les autorités locales ont lancé des appels urgents «afin d'obtenir un soutien supplémentaire», a ajouté l'OIM dans un communiqué.

«Les familles déplacées ont un besoin urgent d'aide financière, d'abris d'urgence, d'articles ménagers essentiels et de nourriture», a relevé l'organisation, appelant toutes les parties au conflit à «protéger les civils» et «à garantir un accès humanitaire sans entrave aux personnes piégées par les combats».

M. Esoev s'est aussi dit inquiet de la présence de migrants empruntant la route de l'Est, qui pourraient selon lui «se retrouver piégés ou bloqués dans ces zones en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et des restrictions de mouvement».

L'OIM a enfin appelé les donateurs à reconstituer les stocks d'aide d'urgence et à financer la réponse humanitaire, alors que «l'ampleur des besoins continue de dépasser les ressources disponibles».

AFP

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