Huit pays musulmans condamnent les appels de ministres israéliens à déplacer les Gazaouis
Des proches se rassemblent pour une inhumation collective d’environ 100 Palestiniens, dont 62 enfants, dont les dépouilles ont été retrouvées sous les décombres, à Gaza, le 6 septembre 2026. ©Omar Al-Qattaa / AFP

Huit pays à majorité musulmane ont condamné dimanche les appels de ministres israéliens à expulser la population palestinienne de la bande de Gaza, estimant que de telles mesures fragiliseraient le plan de paix défendu par les États-Unis.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait assuré mercredi que son gouvernement était «organisé, et prêt à faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles» la population de Gaza, mais à condition que les États-Unis donnent leur feu vert.

Le lendemain, le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir, en charge de la Sécurité nationale, avait présenté une proposition pour vider la bande de Gaza de sa population palestinienne, qui serait envoyée à l'étranger.

En réaction, les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Égypte, de Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Pakistan, d'Indonésie et de Turquie ont condamné, dans «les termes les plus fermes», les «plans et mécanismes proposés visant à expulser de force les Palestiniens de leurs terres».

«De telles mesures remettent directement en cause les efforts internationaux visant à instaurer la paix, en particulier le plan du président Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza, qui rejette fermement tout déplacement forcé», ont-ils ajouté, en référence au plan de paix pour Gaza soutenu par les États-Unis.

Samedi, l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, fervent soutien d'Israël et de la politique de colonisation en Cisjordanie occupée, a affirmé qu'il n'existait «aucun plan» israélien pour expulser la population palestinienne de Gaza.

Le déplacement forcé d'une population civile constitue un crime de guerre au regard du droit international.

La quasi-totalité des habitants de Gaza ont été déplacés par la guerre dévastatrice lancée par Israël après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le Hamas, qui avaient fait plus de 1 200 morts sur le sol israélien.

Depuis trois ans, plus de 73 000 personnes ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

AFP

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