Un tribunal iranien a condamné à mort un homme qui avait été blessé à un œil lors des manifestations antigouvernementales de 2022 et s'était rendu en Allemagne pour y être soigné, selon des groupes de défense des droits humains.
La justice a reconnu coupable Ali Zarei, 27 ans de «corruption sur terre», l'un des plus graves chefs d'accusation en Iran qui renvoie à un concept flou régulièrement dénoncé par des ONG, ont annoncé cette semaine l'agence Human Rights Activists News Agency (HRANA) et le Centre pour les droits de l'Homme en Iran (CHRI), tous deux basés aux États-Unis.
Selon la Société internationale pour les droits humains (IGFM), située à Francfort, le jeune homme était rentré en Iran pour des «raisons personnelles», et avait été arrêté immédiatement à son arrivée.
Quelques mois plus tôt, il avait publiquement participé à un rassemblement à Munich à l'appel de Reza Pahlavi, le fils du chah destitué en 1979 lors de la Révolution islamique.
Au micro en février, Ali Zarei s'était présenté comme un «survivant, blessé à l'œil lors du soulèvement national iranien de 2022». «1979, c'est fini, longue vie au chah», avait-il lancé en saluant les efforts de l'héritier de 65 ans pour «libérer notre Iran».
Le manifestant, originaire d'Ardabil (nord) mais vivant à Téhéran, avait été blessé par des tirs des forces de sécurité en 2022. Il avait perdu l'œil droit et avait écrit sur Instagram qu'il avait «sacrifié son œil pour la liberté de son pays».
L'Iran était alors secoué par le mouvement de contestation «Femme, Vie, Liberté», déclenché par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendûment enfreint le strict code vestimentaire imposé aux femmes.
«L'arrestation d'Ali Zarei démontre une nouvelle fois que rien n'arrête la République islamique - pas même les victimes de sa propre violence», a estimé l'IGFM.
Dans une déclaration sur X, le bureau de Reza Pahlavi a fustigé sa condamnation sur «des accusations infondées», saluant «la courageuse génération d'Iraniens s'opposant à la République islamique».
Sur fond de guerre avec les États-Unis et Israël, l'Iran a exécuté ces derniers mois 29 personnes accusées d'avoir participées aux manifestations de janvier, ainsi que deux autres qui avaient pris part aux manifestations post-Mahsa Amini, selon les ONG.
«Le régime utilise une nouvelle fois la peine de mort à un niveau sans précédent depuis plusieurs décennies, comme outil de vengeance et d'élimination de ses opposants», déplore le CHRI.
AFP



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