Iran: exécution d'un manifestant à Ispahan sur fond de multiplication des pendaisons
Des manifestants brandissent des pancartes alors qu'ils se rassemblent près du pont Francis Scott Key lors d'un rassemblement en soutien au peuple iranien et pour condamner l'exécution de prisonniers politiques en Iran, à Washington, le 16 mai 2026. ©Amid Farahi / AFP

L'Iran a pendu lundi un homme condamné pour des attaques armées lors des manifestations qui ont secoué le pays en janvier, tandis que des dizaines d'autres mis en cause risquent d'être exécutés, selon des groupes de défense des droits humains.

«Abbas Akbari a été pendu ce matin», a indiqué le site du pouvoir judiciaire, Mizan Online, en le présentant comme «l'un des meneurs armés» des protestations dans la province d'Ispahan. Selon Mizan, il a «ouvert le feu dans la rue sur les forces de sécurité» et a attaqué des bâtiments officiels et des centres de santé dans la ville de Nain. Il a été reconnu coupable de plusieurs chefs d'accusation, dont le «moharebeh» (guerre contre Dieu) et d'actes visant, d'après les autorités, à porter atteinte à l'ordre public et à la sécurité nationale. Il a été exécuté après la confirmation de sa peine par la Cour suprême. Avant lui, 13 hommes ont déjà été exécutés à la suite du mouvement de contestation de janvier.

Une politique d'intimidation généralisée

Les exécutions se multiplient en Iran depuis le début de la guerre avec Israël et les États-Unis, déclenchée fin février. Des groupes de défenseurs des droits chiffrent à plus de 30 le nombre d'hommes pendus en lien avec des manifestations, une appartenance à des groupes interdits ou sous l'accusation d'espionnage. Selon des ONG, dont Amnesty International, l'Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine.

«Le premier objectif est de provoquer la peur au sein de la société et d'empêcher de futures manifestations», affirme Mahmoud Amiri Moghaddam, directeur de l'ONG «Iran Human Rights». L'augmentation du nombre d'exécutions n'a pas eu de «conséquences politiques pour la République islamique», relève-t-il, jugeant probable que les exécutions quotidiennes se poursuivent et augmentent. Pour le groupe Hengaw, cette exécution est «un exemple évident d'un meurtre par l'État, visant à intimider la société et à réduire à néant le droit légitime du peuple à manifester». Amnesty a recensé jeudi dernier 78 manifestants et dissidents condamnés à mort.

Irrégularités judiciaires et recours

Hengaw a indiqué lundi qu'un tribunal révolutionnaire avait condamné quatre accusés à la peine capitale et quatre autres à des peines de prison pour la mort d'un membre du groupe paramilitaire Bassij à Téhéran en 2022. Selon l'organisation, les accusés n'ont pas eu accès à des avocats ni pu présenter correctement leur défense.

De son côté, l'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA) a affirmé que la Cour suprême iranienne avait annulé les condamnations à mort d'un couple, Mohammadreza Majidi-Asl et Bita Hemmati, dans une affaire liée aux manifestations de janvier, une information dont le pouvoir judiciaire n'a pas fait état. Mme Hemmati était jusqu'alors la seule femme dont on savait qu'elle avait été condamnée à mort en lien avec ces événements.

AFP

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