Albert Boustani a ajouté une nouvelle couronne au MMA libanais à Abu Dhabi. Engagé chez les Youth C des 62 kg, le Libanais a décroché le titre mondial IMMAF en dominant le Saoudien Bassam Alrashidi à l’unanimité des juges. Un succès qui met surtout en lumière un profil déjà très complet: dangereux au sol, capable de conclure par soumission, mais aussi suffisamment solide pour gérer un combat jusqu’aux scorecards.
Chez Albert Boustani, la victoire ne passe pas par une seule porte.
À Abu Dhabi, le jeune Libanais n’a pas eu besoin de verrouiller une clé ou un étranglement pour aller chercher l’or mondial. Face au Saoudien Bassam Alrashidi, il a fait parler sa maîtrise du combat pour convaincre les trois juges et s’imposer à l’unanimité au terme des trois minutes réglementaires.
Une victoire moins spectaculaire qu’une soumission éclair, peut-être, mais révélatrice d’une qualité essentielle à ce niveau: savoir adapter son jeu lorsque le combat refuse de suivre le scénario prévu.
Le sol comme terrain de prédilection
Boustani possède pourtant un arsenal de grappling déjà bien fourni.
Quelques mois avant son rendez-vous mondial, le représentant de Tristar Gym Lebanon avait remporté sa catégorie au championnat libanais des jeunes en forçant Karl Wehbe à l’abandon sur une kimura après 1 min 19 sec.
Lors des Championnats d’Asie 2025, le scénario avait été encore plus expéditif. Une kimura face à Omar Khamiss, puis une Americana bouclée en 37 secondes contre le Koweïtien Dawood Dashti: lorsque Boustani parvient à installer son contrôle au sol, le danger devient immédiat.
Son parcours mondial 2025 avait déjà livré le même indice, avec une victoire par D’Arce choke en seulement 25 secondes contre l’Égyptien Ammar Greish.
Trois types de soumissions différentes, auxquelles vient désormais s’ajouter une victoire mondiale à la décision.
Le tableau commence à dessiner un combattant capable de changer de registre plutôt que de dépendre d’une seule arme.
Une catégorie supérieure, le même rendement
Le passage chez les 62 kg constituait également un test.
Boustani avait évolué aux Mondiaux 2025 dans la catégorie des 57 kg, où il avait atteint la finale et décroché l’argent. En 2026, il évolue dans la division supérieure des Youth C, catégorie regroupant les athlètes nés en 2012 et 2013.
Plus de poids signifie aussi des adversaires physiquement différents, davantage de résistance dans les phases de lutte et un rapport de force à réapprivoiser.
Pour l’instant, le changement n’a pas freiné son rendement.
Boustani a su conserver ce qui fait sa force — contrôle, transitions et menace permanente au sol — tout en ajoutant suffisamment de maîtrise debout et de gestion tactique pour aller chercher une décision unanime lorsque la soumission ne vient pas.
«Un champion n’est pas seulement celui qui impose son plan, mais celui qui sait en changer.»
Le Liban continue sa moisson
Son titre vient épaissir une récolte déjà remarquable pour la délégation libanaise à Abu Dhabi.
Sky Zgheib, Elias Ghayad et Charbel Bou Serhal avaient ouvert le compteur avec trois couronnes mondiales dès les premières journées de compétition. Albert Boustani apporte une nouvelle médaille d’or à un groupe qui confirme la progression du Liban dans les catégories jeunes.
Le résultat n’est plus tout à fait isolé.
Aux Mondiaux 2025, le Liban avait déjà terminé avec dix médailles et une place parmi les meilleures nations asiatiques et arabes. Les performances de cette édition montrent que le vivier continue de produire des combattants capables de passer plusieurs tours et de jouer les podiums.
Pour Boustani, l’or d’Abu Dhabi constitue surtout une étape supplémentaire.
Le titre récompense évidemment le résultat. Mais sa manière de gagner raconte peut-être davantage encore: soumettre quand l’ouverture se présente, patienter lorsqu’elle n’existe pas et savoir emmener le combat jusqu’aux juges sans perdre le fil.
À cet âge, personne ne peut prédire la suite d’une carrière.
Une chose est déjà certaine: Albert Boustani possède plusieurs cordes à son arc.




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