Soudan: les États-Unis proposent d'étendre à tout le pays l'embargo de l'ONU sur les armes
Le conseiller principal du président américain pour les Affaires arabes et africaines, Massad Fares Boulos, participe à un événement du Fonds humanitaire pour le Soudan à l'Institut de la paix, à Washington, le 3 février 2026. ©Alex Wroblewski / AFP

Les États-Unis ont proposé lundi d'étendre à tout le Soudan, en guerre depuis avril 2023, l'embargo des Nations unies sur les armes instauré au Darfour, pour faire face au risque de régionalisation du conflit.

Le Conseil de sécurité de l'ONU «devrait prendre des mesures pour éviter (...) que le conflit s'élargisse, d'autant plus que le soutien extérieur risque également d'entraîner davantage d'acteurs régionaux et de voisins» dans le conflit au Soudan, a soutenu l'émissaire américain en Afrique Massad Boulos.

«C'est pourquoi les États-Unis ont présenté une résolution ferme qui prévoit quatre mesures clés» dont la première est «l'extension de l'embargo sur les armes à l'ensemble du territoire soudanais», a-t-il ajouté.

Actuellement, l'embargo sur les armes mis en place par l'ONU il y a deux décennies ne s'applique qu'à la région du Darfour, et son extension à l'ensemble du pays nécessite un vote du Conseil de sécurité.

En l'absence de nouvel accord, l'embargo actuel expirera le 12 septembre 2026.

Une résolution visant à étendre cet embargo pourrait être bloquée par des membres permanents du Conseil de sécurité, notamment la Chine et la Russie.

Lundi, Moscou a lancé une mise en garde contre toute nouvelle mesure qui aurait des conséquences sur l'armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhane, qui affronte les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo.

L'armée contrôle les régions du centre et de l'est, dont la capitale Khartoum, tandis que la région du Darfour, à l'ouest, et certaines parties du sud sont sous le contrôle des FSR.

La guerre a fait plus de 200.000 morts selon les travailleurs humanitaires et a déplacé plus de 12 millions de Soudanais, dans ce qui constitue, selon l'ONU, la plus grave crise humanitaire au monde.

Plusieurs ONG et le gouvernement américain ont déjà pointé du doigt des pays entretenant ce conflit, en particulier les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

Début juin, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait présenté la guerre au Soudan comme un conflit «par procuration entre plusieurs pays».

AFP

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