Le calendrier officiel du prochain round des négociations de Rome reste toujours «inconnu», sur fond de développements politiques et sécuritaires préoccupants, alors que la Finul a commencé à remettre certains de ses sites à l’armée libanaise, en prélude à son retrait après l’expiration de son mandat à la fin de l’année.
Dans le cadre du suivi de ces dossiers, le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, est arrivé à Rome pour discuter du mécanisme de vérification du retrait israélien et du contrôle par l’armée libanaise de la zone pilote.
Selon des informations rapportées par le quotidien Al-Liwaa, l’Italie figure parmi les pays susceptibles d’assumer la direction du dispositif chargé de vérifier la mise en œuvre des zones pilotes.
Toujours selon ces informations, le général Haykal doit également examiner la possibilité de trouver une alternative internationale à la Finul dans le sud du Liban. Des sources américaines ont par ailleurs indiqué que les États-Unis ne soutiendraient pas la conférence de Paris destinée à soutenir l’armée libanaise, celle-ci n’ayant pas été organisée en coordination avec Washington.
Inquiétudes libanaises sur le retard des négociations
Sur le dossier des négociations, une source officielle citée par Nidaa al-Watan a fait état d’inquiétudes au sein des institutions libanaises face au retard pris par les pourparlers de Rome. Aucun nouveau rendez-vous n’a, à ce jour, été fixé, ce qui alimente les craintes de voir Israël poursuivre sa guerre.
La source a précisé que Washington pouvait fixer une date à tout moment, mais que cette décision restait liée aux développements politiques.
Sur le plan intérieur, les propos de Mahmoud Qomati ont par ailleurs fait apparaître un changement notable dans le discours du Hezbollah. Celui-ci a affirmé que le parti «ne ferme pas définitivement la porte à la possibilité d’un contact direct avec les Américains» et que la décision serait prise «en fonction de l’intérêt et des circonstances appropriées».
Ce nouveau positionnement a été commenté par une source politique citée par Nidaa al-Watan, qui a estimé que les propos de Qomati étaient «clairement contradictoires». Selon elle, le Hezbollah, qui reproche à l’État de négocier pour empêcher la guerre, exprime en même temps sa volonté de négocier, «faisant fi de tous les slogans qu’il avait lancés auparavant».
La source a également estimé que les déclarations de Qomati relevaient d’une tentative d’intimidation de l’État libanais, visant à affirmer que le Hezbollah détient le terrain et le pouvoir de négociation, qu’il n’existe pas d’État et que l’accord-cadre est tombé. Elle a qualifié ces positions d’«illusions» auxquelles le parti s’accrocherait après les coups qu’il a reçus dans ses «guerres suicidaires».
Washington : «Nous ne négocions pas avec le Hezbollah»
À la suite de la polémique suscitée par ses propos, l’émissaire américain Tom Barrack a affirmé au quotidien Al-Sharq que le Hezbollah était classé comme organisation terroriste étrangère et que les États-Unis ne négociaient pas avec lui.
Évoquant le Golan et le Liban, Barrack a précisé que sa référence aux Nations unies ne signifiait pas un soutien à leur position, soulignant que les accords conclus par la négociation perduraient.
L’émissaire américain a réaffirmé que les États-Unis négociaient avec le gouvernement libanais, considéré comme la seule autorité légitime.
Le rythme des destructions israéliennes s’accélère dans le Sud
Sur le terrain, l’escalade se poursuit dans le sud du Liban. Le Jerusalem Post a rapporté dimanche que l’armée israélienne avait commencé à accélérer la destruction des infrastructures militaires du Hezbollah, conformément aux directives du ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Le journal indique qu’une partie de ces infrastructures avait été construite sous la forme de «fortifications militaires».
Sur le plan militaire, l’analyse de la situation sur le terrain et des développements sécuritaires se tourne désormais vers la Békaa, notamment après l’éventuelle chute d’Ali al-Taher et les développements à venir dans le Jabal al-Rihane.
Une source sécuritaire citée par Nidaa al-Watan estime que, sur le plan géographique, toute bataille dans la Békaa serait plus facile pour les Israéliens que dans le Sud, où la plaine est vaste, les espaces dégagés et le champ de vision plus large. Dans le Sud, en revanche, le relief, les collines et les vallées constituent des éléments de protection pour les combattants et offrent, de par la nature du terrain, des positions défensives.



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