Syrie-Israël: Damas s’attend à une reprise prochaine des négociations sur un accord de sécurité
Sur cette photo fournie et diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères le 24 décembre 2025, le ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad al-Chaibani, assiste à une réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères à Moscou. ©Ministère russe des Affaires étrangères / AFP

La Syrie s’attend à une reprise prochaine des négociations avec Israël sur un accord de sécurité qu’elle espère voir aboutir au retrait d’Israël du territoire syrien, a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, appelant Israël à saisir une «occasion historique» alors que la voie diplomatique reste ouverte.

Dans un entretien accordé à Reuters samedi à Damas, quelques jours après qu’Israël a bombardé une base aérienne syrienne, Assaad al-Chaibani a également souligné que la priorité de Damas était de mettre fin aux attaques israéliennes, estimant que des mesures visant à rétablir la confiance étaient nécessaires dans cette direction.

Selon Assaad al-Chaibani, les négociations sur l’accord de sécurité sont gelées depuis le début de la guerre entre Israël et l’Iran, mais il s’attend à leur reprise. Les contacts entre la Syrie et Israël ont été interrompus après la frappe contre la base aérienne d’Abou al-Douhour, a-t-il précisé.

«Nous pensons qu’il doit y avoir un contact, notamment avec une partie qui menace constamment la sécurité de la Syrie. Mais si ce contact n’aboutit pas à des résultats, alors nous n’en avons pas besoin», a déclaré le ministre. «Nous ne faisons actuellement pas confiance à Israël.»

Interrogé sur son degré d’optimisme, Assaad al-Chaibani a répondu : «Il est très difficile de parier sur Israël.» Il a toutefois assuré que la Syrie avait  un très grand espoir» de parvenir à établir des relations stables avec ses voisins.

«La Syrie tend la main pour parvenir à des ententes, à la paix, à la diplomatie» et à la stabilité régionale, a-t-il ajouté.

Damas ne voit pas de volonté israélienne de parvenir à un accord

Les tensions autour de la Syrie ont été ravivées mardi, lorsqu’Israël a bombardé la base aérienne d’Abou al-Douhour, affirmant que Damas s’apprêtait à autoriser le déploiement de forces turques sur le site. La Syrie et la Turquie ont démenti cette affirmation.

Assaad al-Chaibani a déclaré que la Syrie respectait les préoccupations d’Israël en matière de sécurité, mais qu’Israël devait également respecter celles de la Syrie, notamment concernant l’utilisation de l’espace aérien syrien, les raids israéliens et les arrestations dans le sud du pays.

Il a indiqué qu’au début de l’année, les deux parties étaient parvenues à un accord «sur le papier sur presque tout» concernant un accord de sécurité qui obligerait Israël à cesser ses attaques contre la Syrie et serait lié à son retrait des territoires pris après la chute de Bachar al-Assad.

L’accord prévoirait plusieurs zones de sécurité en territoire syrien, à proximité de la frontière israélienne, dont une zone tampon où seule l’ONU serait présente, ainsi que d’autres zones dans lesquelles les forces syriennes seraient déployées avec des niveaux de présence différents.

Mais, selon le ministre, Israël a cherché à éviter la mise en œuvre de cet accord. «Nous n’avons pas vu qu’ils avaient la réelle volonté de parvenir à un accord», a-t-il déclaré.

Assaad al-Chaibani a déclaré qu’Israël avait bombardé la base d’Abou al-Douhour alors même que la Syrie avait transmis un message indiquant que celle-ci ne serait pas utilisée comme base turque.

Le Golan au cœur des enjeux

La Syrie et Israël sont techniquement en état de guerre depuis 1948. Israël a pris le contrôle du plateau du Golan syrien lors de la guerre de 1967.

«La priorité est désormais d’arrêter l’agression israélienne avant même de parvenir à un accord de sécurité», a déclaré Assaad al-Chaibani. «Ensuite, peut-être pourrons-nous ouvrir les dossiers de la paix et du Golan.»

L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a indiqué mardi que Washington travaillait à la mise en place d’un mécanisme destiné à empêcher un conflit entre Israël, la Turquie et la Syrie.

Assaad al-Chaibani a précisé qu’aucun accord n’avait encore été conclu sur ce mécanisme. Selon lui, celui-ci doit permettre de mettre fin aux attaques et d'ouvrir la voie à l’accord de sécurité, plutôt que de «consacrer […] l’occupation israélienne».

Le ministre a également affirmé qu’Israël avait bombardé Abou al-Douhour alors même que la Syrie avait transmis un message indiquant que la base ne serait pas utilisée par la Turquie.

La Syrie bénéficie du soutien de la Turquie pour la formation et la coopération militaires, a-t-il ajouté, précisant que cette coopération existait également avec la Jordanie, l’Arabie saoudite et d’autres pays.

«Damas est reconnaissante du soutien de la Turquie à la reconstruction de son armée et nous ne renoncerons pas à ce soutien», a déclaré Assaad al-Chaibani.

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