La Grèce et la Turquie, qui se querellent régulièrement sur la délimitation des eaux territoriales en mer Égée, se sont de nouveau accrochées ces derniers jours après l'annonce par Athènes d'un plan d'aménagement énergétique.
En milieu de semaine, Athènes a annoncé l'entrée en vigueur d'un nouveau plan pour la transition énergétique et les énergies renouvelables en Grèce continentale et sur les îles du pays jusqu'en 2050.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères turc a estimé que ce plan «n'aura, à l'instar d'autres initiatives similaires prises par la Grèce, aucune conséquence juridique» pour la Turquie en mer Égée, en référence aux îles grecques proches des côtes turques.
Ankara a rappelé au passage «qu'il convient d'éviter les actions unilatérales dans les mers fermées ou semi-fermées telles que la mer Égée et la Méditerranée».
Jeudi soir, le ministère grec des Affaires étrangères a réagi à son tour, rejetant dans un communiqué des «allégations révisionnistes et sans fondement» de la Turquie, «totalement inacceptables».
«La souveraineté grecque en mer Égée est clairement et définitivement définie par des conventions internationales et ne saurait être remise en cause. Toute autre approche est contraire au droit international et suscitera une réaction en conséquence», a averti Athènes.
Lundi, la Turquie avait annoncé la création de deux aires marines protégées, au large des côtes de Fethiye et de Kaş (sud) et dans le nord de la mer Égée au large des Dardanelles. Athènes avait jugé leur création «illégale», dans la mesure où «ils occupent des eaux internationales» et «s'étendent sur le plateau continental grec».
Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers autour de la délimitation de leurs eaux territoriales de la mer Egée, qui sépare les deux voisins.
En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une «déclaration d'amitié et de relations de bon voisinage» visant à apaiser les relations.
La dispute semble donc avoir repris de la vigueur ces derniers jours, augurant d'un «automne aigre-doux dans la région gréco-turque», estime, à l'image de la TV publique ERTnews, la presse nationale grecque.
«En l'espace de 12 jours, la Turquie a manifesté la quasi-totalité des contestations dont elle est coutumière», observe le grand quotidien I Kathimerini.
Deux éléments peuvent expliquer ces soudaines bouffées de chaleur, analyse la presse.
«Les tensions entre la Turquie et Israël (alliée de la Grèce depuis 2010) devraient se reporter sur la mer Égée», pronostique I Kathimerini.
L'autre facteur est la possible reprise des travaux sur le câble marin Grèce-Chypre (Great Sea Interconnector - GSI), un projet d'interconnexion électrique «gelé» depuis deux ans, en grande partie à cause de l'opposition turque à des études bathymétriques dans la zone maritime au large de Kasos, à l'été 2024.
Le GSI est un vaste projet d'infrastructure énergétique visant à relier les réseaux électriques de la Grèce, de Chypre et, dans une deuxième phase, d'Israël grâce à un câble électrique sous-marin à courant continu haute tension (HVDC) d'une longueur d'environ 1.208 km (900 km entre la Crète et Chypre, et 310 km entre Chypre et Israël).
Début août, l'entreprise française Meridiam est devenu actionnaire majoritaire au sein de GSI. L'opérateur grec du projet a soumis en début de semaine une demande formelle d'investissement aux autorités de régulation de la Grèce, de Chypre et d'Israël.
AFP



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